Défense : La France exporte pour plus de 20 milliards d’euros d’armes en 2025

Avec 21,2 milliards d’euros de prises de commandes en 2025, la France consolide sa position de deuxième exportateur mondial d’armes. Derrière ce chiffre, 240 000 emplois répartis sur tout le territoire dépendent de cette activité. Face à une concurrence accrue de l’Allemagne, de la Chine et de la Corée du Sud, le maintien de cette base industrielle repose sur l’innovation et la diversification des contrats.

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By Cédric Bonnefoy Published on 21 août 2026 14h27
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Défense : La France exporte pour plus de 20 milliards d’euros d’armes en 2025 - © Economie Matin
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La France a enregistré 21,2 milliards d'euros de prises de commandes d'armements en 2025, un niveau qui se maintient pour la deuxième année consécutive au-dessus des 20 milliards. Derrière ce chiffre, une réalité économique moins visible : 240 000 emplois répartis sur l'ensemble du territoire national, directement soutenus par cette activité de défense. Alors que la concurrence internationale s'intensifie avec l'arrivée de nouveaux acteurs comme la Chine, la Corée du Sud ou l'Allemagne, la question de la pérennité de cette base industrielle se pose avec une acuité renouvelée.

21,2 milliards d'euros : un socle stable pour l'industrie française

Après 21,6 milliards d'euros en 2024, les exportations d'armes françaises atteignent 21,2 milliards en 2025 selon le rapport au Parlement publié le 12 août 2026 par le ministère des Armées. Un montant qui place l'Hexagone au rang de deuxième exportateur mondial, loin derrière les États-Unis et leurs 283 milliards d'euros d'autorisations de vente, mais devant la Russie et le Royaume-Uni. L'Allemagne, quatrième avec 13,1 milliards, gagne néanmoins du terrain.

Un marché dépendant des grands contrats

L'industrie française de défense reste structurellement exposée aux méga-contrats. Le record historique de 26,9 milliards d'euros en 2022 s'explique ainsi par la commande de 80 Rafale par les Émirats arabes unis. À l'inverse, l'année 2023 avait plongé à 8,2 milliards, faute de signature majeure. En 2025, les 26 avions Rafale Marine pour l'Inde, les deux sous-marins Scorpène Evolved pour l'Indonésie, une frégate pour la Grèce et des hélicoptères Caracal pour le Maroc ont permis de maintenir le cap. Le secteur aéronautique représente environ 40 % des prises de commandes, suivi du naval (19 %), des missiles (18 %, en hausse de 15 % sur un an), des matériels terrestres (12 %) et des radars (2 %).

L'émergence de contrats de taille moyenne : nouvelle source de stabilité

Une évolution notable mérite l'attention. « Au-delà des contrats emblématiques, le montant 2025 des prises de commandes repose également sur un socle de contrats inférieurs à 200 millions d'euros, dont le nombre est en forte croissance », souligne le ministère des Armées dans son rapport. Ces contrats représentent environ 7 milliards d'euros en 2025, soit 1 milliard de plus qu'en 2024. Cette diversification réduit la dépendance aux arbitrages géopolitiques des grands clients et offre une visibilité accrue aux industriels pour planifier leurs investissements. Elle constitue un amortisseur face à la volatilité inhérente aux méga-contrats, souvent soumis à des délais de négociation prolongés et à des risques d'annulation.

240 000 emplois sécurisés par les exportations

Le secteur de la défense emploie directement 240 000 personnes en France, réparties sur l'ensemble du territoire. Ces postes couvrent l'ingénierie, la production, la maintenance et les services associés. « Les exportations constituent un levier indispensable au maintien d'une base industrielle et sont de nature à convaincre les industriels de financer les investissements nécessaires », rappelle le ministère des Armées. Sans les commandes étrangères, les volumes de production seraient insuffisants pour amortir les coûts de recherche et développement, qui se chiffrent en milliards d'euros pour des programmes comme le Rafale ou les frégates FREMM.

Une répartition territoriale stratégique

Contrairement à une idée reçue, l'industrie de défense ne se concentre pas uniquement en Île-de-France. Les sites de production et d'assemblage jalonnent la France entière : Bordeaux pour Dassault Aviation, Lorient et Cherbourg pour Naval Group, Bourges pour les systèmes terrestres, Marignane pour les hélicoptères. Cette implantation territoriale transforme les exportations d'armes en enjeu d'aménagement du territoire. Les sous-traitants, souvent des PME et ETI régionales, dépendent de ces grands donneurs d'ordres. Un contrat majeur à l'export génère ainsi des retombées en cascade sur plusieurs bassins d'emploi, stabilisant des territoires parfois fragilisés par la désindustrialisation.

Face à la concurrence : Allemagne, Chine et Corée du Sud gagnent du terrain

Le contexte concurrentiel s'est durci. La France conserve sa place de deuxième exportateur mondial, mais des challengers s'affirment. « Des acteurs plus récents s'affirment chaque jour davantage, à l'instar de la Chine, de la Corée du Sud ou de la Turquie, qui bénéficient d'une montée en gamme de leurs produits et d'un contrôle export plus libéral », alerte le rapport au Parlement 2026. L'Allemagne, en particulier, a vu ses exportations bondir grâce à une politique d'autorisation moins restrictive et à une offre compétitive sur les chars Leopard et les sous-marins de type 212.

Les nouveaux acteurs bénéficient d'un contrôle export plus libéral

La Corée du Sud a remporté plusieurs contrats majeurs en Europe de l'Est et en Asie du Sud-Est, grâce à des délais de livraison courts et des prix agressifs. La Turquie exporte désormais des drones armés et des véhicules blindés vers l'Afrique et le Moyen-Orient. La Chine, quant à elle, cible les pays en développement avec des équipements à coût réduit. Ces concurrents disposent souvent de procédures d'autorisation d'exportation simplifiées, là où la France impose un contrôle parlementaire strict et des critères éthiques qui peuvent retarder ou bloquer certaines ventes. Ce décalage crée un désavantage compétitif sur des marchés où la rapidité de décision prime.

Cedric.bonnefoy

Cédric Bonnefoy est journaliste en local à la radio. À côté, il collabore depuis 2022 avec Économie Matin.

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