Les prix du carburant atteignent des sommets historiques en France, avec le gazole à 2,29 euros le litre et l’essence à plus de 2,12 euros. Malgré la réunion des distributeurs à Bercy mercredi, le gouvernement refuse toute nouvelle aide, invoquant l’état désastreux des finances publiques. La flambée s’explique par l’escalade au détroit d’Ormuz, où le pétrole a franchi les 100 dollars le baril, et par des capacités de raffinage amoindries.
Carburant cher : le gouvernement ne va pas aider les Français

Hausse des prix du carburant : le gouvernement reste inflexible
Le prix du gazole en France a bondi à 2,29 euros le litre en moyenne nationale, contre 1,72 euro fin février 2026, soit une augmentation de plus de 33 % en six mois. L'essence SP95-E10 est désormais à 2,12 euros le litre et le SP98 à 2,21 euros, des niveaux proches des records de juin 2022. Cette hausse affecte lourdement le pouvoir d'achat des ménages depuis le début du conflit au Moyen-Orient.
Le 9 septembre, le ministère de l'Économie a réuni les distributeurs de carburant pour évaluer la situation, mais aucune nouvelle mesure d'aide n'a été annoncée. Malgré les appels à un plafonnement des prix, le gouvernement refuse d'intervenir, invoquant la situation des finances publiques. Le ministère a déclaré que l'État ne débloquera pas de nouveaux moyens pour alléger la charge des Français face à la hausse des prix.
Conflit au Moyen-Orient : impact sur le prix du pétrole
La flambée des prix trouve son origine dans le détroit d'Ormuz, où l'Iran a attaqué plusieurs navires, dont des pétroliers américains, en représailles à des attaques américaines. Cette situation a immédiatement fait réagir les marchés : le baril de Brent a franchi la barre des 100 dollars pour la première fois depuis juillet, atteignant 101,21 dollars. Le West Texas Intermediate a également augmenté, atteignant 96,05 dollars.
Avant ces tensions, un cinquième de l'offre mondiale de pétrole transitait par le détroit d'Ormuz, mais le trafic est désormais presque paralysé. L'Iran impose de nouvelles restrictions de passage, rejetées par Washington. Les Gardiens de la Révolution iranienne ont annoncé étendre leur contrôle à d'autres zones stratégiques, tandis que l'armée américaine a répondu par un blocus des ports iraniens.
Raffinage et distribution sous pression
Les capacités de raffinage mondiales sont également touchées. Des frappes ont perturbé des sites pétroliers en Arabie saoudite et au Koweït, tandis qu'en Russie, des drones ukrainiens ont mis à l'arrêt plusieurs raffineries. Ces perturbations réduisent l'offre de carburant en Europe.
Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, a souligné l'augmentation des marges dans le raffinage, qui ont triplé ou quadruplé, et a suggéré que ce secteur pourrait « faire un effort ». Le secteur de la distribution, quant à lui, enregistre une baisse des volumes de carburant vendus, notamment chez Coopérative U, avec une diminution de 7 % depuis le début de l'année.
TotalEnergies et la concurrence
TotalEnergies a fixé un plafond de 1,99 euro pour l'essence et de 2,25 euros pour le gazole, ce qui a conduit à des pénuries dans certaines stations. Dominique Schelcher dénonce une concurrence déloyale, expliquant que TotalEnergies maîtrise toute la chaîne de production et de distribution, ce qui n'est pas le cas des distributeurs indépendants.
Il s'oppose à un plafonnement généralisé des prix, jugeant cela trop coûteux pour l'État, et préconise plutôt un soutien ciblé aux Français les plus vulnérables. Cette position contraste avec celle de Michel-Édouard Leclerc, qui appelle à une intervention étatique plus large.
Incertitude persistante et perspectives politiques
La situation au Moyen-Orient continue de peser sur les prix du carburant, et aucune détente n'est en vue tant que les tensions persistent. Les analystes prévoient même une possible hausse à 120 dollars le baril si les attaques s'intensifient. Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz est au plus bas, exacerbant les conséquences économiques à l'échelle mondiale.
Le président américain Donald Trump a prédit une fin rapide du conflit après les élections législatives de novembre, mais ses conseillers estiment qu'il pourrait durer encore des années. En France, le gouvernement maintient son refus d'une aide supplémentaire, malgré la hausse continue des prix qui affecte durement les ménages. La situation pourrait raviver la grogne sociale, similaire à celle des Gilets jaunes, alors que se profilent les élections présidentielles de 2027.
