Le 14 septembre 2026, Kingo Hayashi et Satoru Katsuno, respectivement président et président du conseil d’administration de Chubu Electric Power, démissionnent après la révélation de données sismiques falsifiées. L’opérateur nucléaire retire ses demandes de redémarrage de deux réacteurs de la centrale de Hamaoka suite à la publication d’un rapport de 250 pages accablant.
Nucléaire : deux démissions au Japon après des soupçons de manipulation de données sismiques

Le 14 septembre 2026, Kingo Hayashi et Satoru Katsuno, président et président du conseil d'administration de Chubu Electric Power, ont annoncé leur départ. Cette décision fait suite à la publication d'un rapport de 250 pages dévoilant la falsification de données sismiques, minimisant les risques pour relancer des réacteurs. En conséquence, l'opérateur nucléaire a retiré ses demandes de redémarrage de deux réacteurs de la centrale de Hamaoka.
Deux démissions simultanées au sommet de Chubu Electric Power
Kingo Hayashi et Satoru Katsuno, figures clés de Chubu Electric Power, ont assumé leur part de responsabilité dans le scandale touchant l'entreprise. Hayashi, président de l'opérateur, a exprimé "un lourd sentiment de responsabilité et un profond remords" lors de son annonce. Le président du conseil d'administration, Katsuno, a également quitté son poste. D'après Le Figaro, ces départs font suite à des mois de révélations sur les pratiques de l'entreprise en matière de sûreté nucléaire. Leur démission conjointe souligne la gravité de la crise de gouvernance qui secoue le groupe énergétique japonais.
Les origines de la crise de gouvernance
La crise a pris forme avec la reconnaissance en janvier 2025 par Chubu Electric Power de la présentation de données erronées aux autorités. En février 2025, un lanceur d'alerte a averti le régulateur japonais de l'existence de données différentes de celles soumises officiellement. Selon Sud Ouest, le régulateur avait approuvé les estimations sismiques en septembre 2023, avant de suspendre l'examen en décembre 2024. L'alerte a joué un rôle clé dans la révélation des pratiques discutables de l'entreprise.
Le rapport publié le 14 septembre 2026 par un comité indépendant expose en détail les défaillances organisationnelles ayant facilité la falsification des données. Sur 250 pages, il met en lumière les faiblesses structurelles de la culture d'entreprise de Chubu Electric Power. Les conclusions pointent clairement les responsabilités managériales, forçant les dirigeants à démissionner face à ce réquisitoire accablant.
Conséquences immédiates : retrait des demandes de redémarrage
La centrale de Hamaoka, exploitée par Chubu Electric Power, voit ses projets de relance interrompus. L'opérateur a officiellement retiré ses demandes de redémarrage pour deux réacteurs, situés dans une zone à haut risque sismique dans la fosse de Nankai. Les données falsifiées concernaient l'évaluation des mouvements sismiques maximaux, cruciale pour la sécurité des installations.
Le retrait des demandes constitue un revers majeur pour Chubu Electric Power, tant sur le plan financier que stratégique. L'entreprise doit désormais regagner la confiance du régulateur japonais et du public. Le remplacement des dirigeants démissionnaires s'accompagnera d'une révision des processus internes de contrôle et de validation des données de sûreté. L'engagement de Hayashi à renforcer la culture de conformité devra se concrétiser par des actions tangibles. Le secteur nucléaire japonais suit de près l'évolution de ce scandale, susceptible de modifier les pratiques de gouvernance à travers la filière.
Les démissions de Kingo Hayashi et Satoru Katsuno marquent un tournant dans la gestion de la sûreté nucléaire au Japon. Au-delà des départs individuels, l'affaire soulève des questions sur les mécanismes de contrôle et la capacité du secteur à assurer la transparence des informations transmises aux autorités. La reconstruction de la confiance nécessitera des réformes profondes de la gouvernance.
