La France accumule les déficits sans interruption depuis 1974. Avec des dépenses publiques à 57,2% du PIB et une dette qui pourrait atteindre 138% en 2033, UBS dresse un constat implacable : sans coupes budgétaires majeures, notamment sur les retraites (13,1% du PIB), l’impasse budgétaire devient inévitable.
Dette française à 138% : la France face à une impasse inévitable

La France, bien qu'elle prélève plus que ses voisins européens, dépense encore davantage. Depuis 1974, le pays n'a jamais enregistré d'excédent budgétaire. Actuellement, avec une croissance économique quasi nulle (0,4% en 2026 selon l'Insee) et une charge de la dette qui s'élève à 65 milliards d'euros, UBS dresse un constat alarmant : sans réductions budgétaires significatives, la dette française atteindra 138% du PIB en 2033.
Une France enfermée dans ses dépenses depuis 1974
Depuis 1974, la France n'a connu aucun excédent budgétaire. En 31 ans, seuls trois excédents primaires ont été réalisés. UBS, première banque mondiale de gestion de fortune, avertit que le danger vient surtout de l'incapacité chronique de la France à réduire ses dépenses et son déficit. Alors que d'autres pays européens ont réussi à stabiliser leurs finances, la France continue d'accumuler des déficits. Le problème réside dans une structure budgétaire déséquilibrée.
En 2025, les dépenses publiques françaises représentent 57,2% du PIB, le deuxième niveau le plus élevé de la zone euro après la Finlande. Malgré un taux de prélèvements obligatoires élevé, les recettes fiscales ne couvrent pas les dépenses. Les 610 milliards d'euros collectés en 2025 ne suffisent pas, et le pays fonctionne par conséquent à crédit.
Les retraites : un poste budgétaire lourd à 13,1% du PIB
Les retraites en France représentent 13,1% du PIB, contre 10,8% en moyenne dans la zone euro, soit un écart de 2,3 points qui pèse sur les comptes publics. Le système reste généreux et l'âge de départ à la retraite est plus tôt qu'ailleurs. De plus, les régimes spéciaux et dispositifs de solidarité augmentent la facture. Ce poste budgétaire absorbe une part croissante des ressources publiques, compromettant d'autres investissements.
La charge de la dette : un poids croissant pour l'État
En 2026, la charge de la dette atteindra 65 milliards d'euros, dépassant l'éducation nationale en tant que premier poste de dépenses de l'État. Avec une dette publique de plus de 112% du PIB, les marges budgétaires se réduisent. Les intérêts ne financent ni hôpitaux, ni écoles, mais rémunèrent les créanciers. La hausse des taux directeurs aggrave la situation, chaque refinancement de dette se faisant à des conditions défavorables.
L'écart entre les taux d'emprunt français et allemands à 10 ans (le spread) atteint des sommets depuis 2012. La France emprunte à un taux supérieur d'un point à celui de l'Allemagne, un surcoût qui affecte les finances publiques et les ménages. Moins de services publics et des crédits plus chers impactent directement le pouvoir d'achat.
Une équation insoluble : croissance faible et déficit structurel
L'Insee a revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2026 à 0,4%. Roland Lescure, ministre de l'Économie, admet que l'objectif de limiter le déficit à 5% du PIB en 2026 n'est plus envisageable. Même avec une croissance de 2%, le problème structurel persiste : les dépenses augmentent plus vite que les recettes. Sans coupes majeures, l'équation reste insoluble.
Si le déficit primaire se maintient au niveau de 2025, la dette atteindra 138% du PIB en 2033 selon UBS. Chaque Français porterait une dette publique de plus de 60 000 euros. Les conséquences incluent une pression fiscale accrue, une réduction des dépenses publiques et un risque de crise financière majeure. La dette menace l'avenir des générations futures.
