Pour la première fois sur les huit premiers mois d’une année, davantage de voitures entièrement électriques que de voitures à essence ont été immatriculées dans l’Union européenne. La progression est rapide, mais elle varie fortement selon les pays. Elle modifie aussi la concurrence entre constructeurs.
Voiture électrique : plus d’immatriculations en Europe que pour les voitures thermiques

L’électrique dépasse l’essence, mais l’hybride reste en tête
Le basculement tient à quelques milliers de véhicules. Entre janvier et août 2026, l’Union européenne a enregistré 1.641.333 immatriculations de voitures électriques à batterie, contre 1.634.733 voitures à essence. La première catégorie devance donc la seconde de 6 600 unités. Un an plus tôt, l’écart était largement favorable à l’essence. Selon les données publiées par l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), les immatriculations de voitures électriques ont augmenté de 44,9% en un an. Leur part atteint 21,7% du marché, contre 15,8% sur la même période de 2025. Le marché automobile dans son ensemble progresse beaucoup moins vite : 7.546.397 voitures neuves ont été immatriculées dans l’UE, soit une hausse de 5,3%. Ces chiffres concernent les véhicules neufs enregistrés depuis janvier. Ils ne décrivent pas la composition du parc automobile déjà en circulation.
La voiture électrique ne constitue pourtant pas le premier choix des acheteurs européens. Cette place revient aux hybrides non rechargeables, avec 2.759.718 immatriculations et 36,6% du marché. Ces véhicules disposent toujours d’un moteur thermique et ne se branchent pas sur une borne. Les hybrides rechargeables forment une autre catégorie : leurs 758.082 immatriculations représentent 10% du marché, contre 8,8% un an auparavant. Additionnées, ces trois technologies électrifiées pèsent un peu plus de 68% des ventes de voitures neuves. À l’inverse, la part cumulée de l’essence et du diesel est tombée à 29%, contre 37,5% entre janvier et août 2025. Le recul concerne les deux motorisations : leurs immatriculations diminuent chacune de 18,6%. La progression de l’électrification recouvre ainsi des choix techniques différents. Une hybride non rechargeable, une hybride rechargeable et une voiture entièrement électrique n’utilisent pas l’énergie de la même manière.
Des marchés nationaux et des constructeurs à plusieurs vitesses
La hausse européenne masque de grands écarts. L’Allemagne totalise 515.545 immatriculations de voitures électriques sur huit mois, soit 53,1% de plus qu’en 2025. En France, leur nombre atteint 322.099, en hausse de 74,2%, alors que l’ensemble du marché automobile français ne gagne que 3%. Au Danemark, 106.265 voitures électriques ont été immatriculées : elles représentent plus de huit voitures neuves sur dix. La situation est différente en Italie et en Espagne, où l’électrique compte respectivement pour environ 8 % et 10 % des immatriculations depuis janvier. Une analyse publiée fin août par l’International Council on Clean Transportation relevait déjà ce contraste entre les grands marchés européens. Ses chiffres portent sur janvier à juillet et sur un périmètre géographique différent de celui de l’ACEA. Ils confirment néanmoins que la croissance des ventes ne signifie pas que tous les pays avancent au même rythme.
Cette progression accroît l’usage des infrastructures de recharge. En France, l’Avere-France et le ministère de la Transition écologique recensaient 200 926 points ouverts au public fin août, soit 13 % de plus qu’un an auparavant. Leur fréquentation augmente aussi : chaque point a enregistré en moyenne 39,3 sessions de recharge en août, contre environ 31 un an plus tôt. À l’échelle de l’UE, l’Observatoire européen des carburants alternatifs faisait état de 1 159 838 points de recharge publics dans ses données d’août, encore provisoires. Le nombre de bornes progresse donc en même temps que les immatriculations. Leur disponibilité là où les conducteurs en ont besoin reste une question concrète pour les acheteurs, notamment lorsqu’ils ne peuvent pas recharger leur voiture à domicile.
Les constructeurs historiques conservent l’essentiel du marché européen, toutes motorisations confondues. De janvier à août, le groupe Volkswagen représente 26,5% des immatriculations dans l’UE, devant Stellantis à 15,9% et Renault Group à 10,4%. Mais plusieurs marques gagnent rapidement du terrain à partir de volumes plus modestes. BYD a immatriculé 177.752 voitures, soit une hausse de 163% en un an et une part de marché de 2,4%. Chery atteint 116.318 unités, en progression de 250,9 %, tandis que Leapmotor en compte 62.508, en hausse de 426,8%. Tesla progresse également, avec 142 165 immatriculations, soit 65,9% de plus qu’un an plus tôt. Ces taux de croissance ne doivent pas être confondus avec les volumes vendus : Volkswagen immatricule encore plus de dix fois autant de voitures que BYD dans l’UE. La voiture électrique transforme déjà les ventes européennes. La place que chaque constructeur occupera dans ce marché dépendra aussi de sa capacité à convertir cette demande en volumes durables.
