Gaz : hausse de 6,6% en novembre 2026, +42,4% depuis janvier

Le prix du gaz bondit de 6,6% au 1er novembre 2026, portant la hausse cumulée à 42,4% depuis janvier. Pour les 6 millions de foyers aux contrats indexés, la facture annuelle grimpe de 740 euros.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 12 octobre 2026 6h10
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Gaz : hausse de 6,6% en novembre 2026, +42,4% depuis janvier - © Economie Matin
60%60 % des consommateurs sont affectés par les variations mensuelles du PRVG

Troisième mois d’augmentation consécutive. Après des hausses de 5,6 % en septembre et de 6,3 % en octobre, le prix repère de vente du gaz (PRVG) augmente de 6,6 % au 1er novembre 2026. Depuis janvier, l'augmentation totale atteint 42,4 %, un record depuis la libéralisation du marché en juin 2023. Pour les 6 millions de foyers français ayant des contrats indexés sur les prix du marché, cette situation pèse lourdement. Certains verront leur facture annuelle augmenter de 740 euros d'ici janvier 2027.

Une troisième hausse consécutive qui épuise les budgets

La hausse des prix du gaz se poursuit sans relâche depuis la rentrée. Chaque mois, les tarifs grimpent, avec une augmentation de 5,6 % en septembre, suivie de 6,3 % en octobre. Selon Le Parisien, novembre ajoute 6,6 % supplémentaires. Sylvain Le Falher, cofondateur de Hello Watt, souligne : « Les ménages français paient la facture de cette guerre au Moyen-Orient. Depuis le début de l'année, le PRVG a augmenté de 42,4 %. »

Le conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran perturbe les marchés énergétiques mondiaux, impactant directement les prix du gaz naturel en Europe. Les tensions géopolitiques, combinées à la demande croissante de chauffage avec l'approche de l'hiver, ne laissent entrevoir aucun répit à court terme.

Parmi les 10,31 millions de contrats de gaz naturel actifs en France, plus de 6 millions sont indexés sur les prix du marché, soit près de 60 % des consommateurs affectés par les variations mensuelles du PRVG. Les foyers ayant opté pour des contrats à prix fixe sont temporairement protégés, tandis que ceux ayant choisi des offres indexées subissent de plein fouet les hausses.

Les ménages les plus vulnérables cumulent souvent faibles revenus, logements mal isolés, et une dépendance totale au gaz pour le chauffage et l'eau chaude. Les familles nombreuses, les retraités à faibles pensions et les locataires de logements énergivores en ressentent le plus lourd impact. Avec l'hiver, la consommation va encore croître, accentuant l'écart entre les factures de janvier 2026 et celles de janvier 2027.

740 euros d'augmentation annuelle : un surcoût inévitable pour 6 millions de foyers

Tous les usages du gaz ne sont pas touchés de la même manière. Selon Orange Actualités, la hausse de novembre est de 8,3 % pour le chauffage au gaz, contre 6,7 % pour la cuisson et l'eau chaude. Cela s'explique par la structure tarifaire : le chauffage représente la plus grande partie de la facture annuelle, tandis que la cuisson a un impact moindre sur le budget énergétique.

Un foyer consommant 13 000 kWh par an pour chauffer un logement de moins de 100 m² verra sa facture augmenter de 740 euros entre janvier 2026 et janvier 2027. À l'inverse, un ménage utilisant seulement 1 500 kWh pour la cuisson et l'eau chaude n'aura qu'une augmentation de 180 euros. L'écart souligne que le chauffage au gaz devient un luxe pour de nombreux Français.

Les petits logements mal isolés sont également très affectés. Un appartement de 60 m² avec une mauvaise isolation peut consommer autant qu'un pavillon de 100 m² bien rénové. La facture de 740 euros concerne particulièrement ces habitations, souvent occupées par des locataires n'ayant pas la possibilité de réaliser des travaux d'isolation. La précarité énergétique s'accentue dans ces segments de population.

Avec une augmentation de 42,4 % en dix mois, la pression budgétaire équivaut à plusieurs pleins d'essence, à une semaine de courses alimentaires ou à une facture d'électricité trimestrielle. Pour les ménages gagnant moins de 2 000 euros par mois, la situation devient intenable. Le chèque énergie, plafonné à 277 euros par an pour les foyers les plus modestes, est insuffisant pour compenser l'augmentation.

Quelles solutions pour protéger son budget énergétique ?

Les contrats à prix fixe, bien que coûteux, sont de retour. Ils garantissent un tarif stable pendant un, deux ou trois ans, protégeant ainsi les consommateurs des hausses soudaines. Cependant, les fournisseurs incluent une prime de risque dans leurs tarifs, ce qui signifie que le prix fixe d'octobre 2026 peut dépasser de 10 à 15 % le prix indexé du moment. Mais si les hausses se poursuivent, l'investissement devient vite rentable.

Changer de contrat est possible à tout moment sans frais de résiliation grâce à la libéralisation du marché. Les comparateurs en ligne aident à évaluer les économies potentielles. Attention néanmoins aux offres trop attirantes : certains fournisseurs proposent des prix attractifs la première année, suivis de hausses automatiques. L'intelligence artificielle permet d'optimiser les choix énergétiques, y compris pour anticiper les évolutions de consommation.

La hausse continue du gaz pose la question de son ampleur future. Avec un hiver 2026-2027 sous tension géopolitique persistante, les ménages français doivent choisir entre subir les hausses mensuelles ou investir dès maintenant dans leur indépendance énergétique. Le temps des demi-mesures est révolu.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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