Après trois ans de reports, la SNCF inaugure le 6 novembre 2026 son TGV-M sur Paris-Marseille, fruit d’un investissement de 4,6 milliards d’euros. Avec 20% de capacité supplémentaire et 20% d’économies d’énergie, le groupe public mise sur ce train nouvelle génération pour restaurer sa compétitivité face aux opérateurs européens et améliorer sa rentabilité à long terme.
TGV-M : le pari à 4,6 milliards qui doit sauver la SNCF

Après trois années de retards et des coûts supplémentaires, la SNCF lance enfin son TGV-M le 6 novembre 2026, résultat d'un investissement de 4,6 milliards d'euros destiné à revitaliser ses finances et à restaurer sa compétitivité face aux opérateurs ferroviaires européens. Le voyage inaugural reliera Paris à Marseille en présence du ministre des Transports Philippe Tabarot, du PDG Jean Castex et du directeur général Jean-Aimé Mougenot.
Un investissement majeur pour renforcer la position de la SNCF
Depuis 2018, la SNCF a investi 4,6 milliards d'euros auprès d'Alstom pour renouveler sa flotte de TGV. La commande initiale de 100 rames s'est élargie : 15 rames pour l'Italie en 2022, 30 pour Eurostar en 2025, et 15 pour les liaisons France-Belgique en janvier 2026, totalisant 160 rames TGV-M pour remplacer les modèles précédents. Cette enveloppe financière témoigne d'une volonté de reprendre l'avantage dans un secteur ferroviaire européen de plus en plus concurrentiel, avec l'entrée d'opérateurs privés sur certains axes français. Le Figaro rappelle que le projet aurait dû être prêt pour les Jeux olympiques de Paris 2024, un objectif manqué qui a affecté l'image du groupe.
Un retour économique pour les contribuables ?
La SNCF mise sur l'augmentation de capacité pour répondre à une demande existante mais non satisfaite sur des axes saturés comme Paris-Marseille, Paris-Lyon et Paris-Bruxelles. Avec 20% de places supplémentaires par rame, le groupe espère absorber cette demande sans augmenter les rotations, optimisant ainsi l'utilisation des sillons ferroviaires. Chaque TGV-M pourrait générer plusieurs millions d'euros de revenus annuels supplémentaires, et si les 160 rames entrent en service d'ici 2033, l'impact sur le chiffre d'affaires pourrait atteindre plusieurs centaines de millions d'euros par an. Cependant, il reste à voir si la fréquentation suivra, face à la concurrence du low-cost aérien et des nouveaux entrants ferroviaires.
Calendrier de déploiement : une mise en service jusqu'en 2033
La SNCF prévoit de mettre en service 13 rames TGV-M d'ici fin 2026, deux mois après l'inauguration du 6 novembre. Stéphane La Rue, spécialiste du transport ferroviaire, indique que des essais en conditions réelles ont été multipliés pour finaliser les réglages. Le déploiement initial concernera l'axe Paris-Lyon-Marseille, le plus fréquenté et rentable. Les deux premiers mois serviront à tester la fiabilité en exploitation commerciale intensive.
À partir de 2027, Alstom livrera environ une douzaine de rames par an jusqu'en 2033. Cette montée en puissance progressive vise à éviter les chocs opérationnels : former les conducteurs, adapter les ateliers de maintenance, ajuster les horaires. Le lancement en Italie (Paris-Milan) est prévu pour mi-2028, suivi des liaisons transmanche via Eurostar. Pour les finances publiques, l'enjeu est de maximiser le retour sur investissement tout en évitant des retards coûteux. La SNCF compte sur une amélioration progressive de sa marge opérationnelle à mesure que les anciennes rames quittent le service.
