Aéroports de Paris : première baisse du trafic depuis 2020

Les aéroports parisiens enregistrent leur première baisse de trafic depuis 2020, avec un recul de 0,4% sur les neuf premiers mois de 2026. La flambée du prix du kérosène, conséquence de la guerre au Moyen-Orient, pousse les compagnies aériennes à augmenter leurs tarifs, dissuadant les voyageurs. Le Groupe ADP révise ses prévisions à la baisse, tandis que les ménages français adaptent leurs habitudes de déplacement face à la hausse des billets d’avion.

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By La rédaction Published on 16 octobre 2026 6h18
Aéroports de Paris : Orly et Roissy enregistrent une baisse de leur fréquentation
Aéroports de Paris : première baisse du trafic depuis 2020 - © Economie Matin
0,5%Le Groupe ADP avait anticipé une hausse de 0,5% du trafic en 2026

Les voyageurs constatent une hausse des prix des billets d'avion cette année, et cela n'est pas sans conséquence. Les aéroports parisiens, notamment Roissy-Charles-de-Gaulle et Orly, enregistrent une diminution du trafic pour la première fois depuis 2020. Cette baisse de 0,4 % sur les neuf premiers mois de 2026, par rapport à 2025, est directement liée à l'augmentation du prix du kérosène, conséquence du conflit au Moyen-Orient, selon les prévisions du Groupe ADP. Cette situation affecte le budget des voyageurs français de manière inédite depuis la pandémie.

Les répercussions de la hausse du kérosène sur les tarifs aériens

Le conflit au Moyen-Orient a entraîné une montée des prix du pétrole, et par conséquent, du kérosène, un carburant essentiel pour l'aviation. Face à l'augmentation de leurs coûts, les compagnies aériennes ont répercuté ces augmentations sur les billets. Cette hausse a dissuadé certains voyageurs de prendre l'avion. Le Groupe ADP indique que "le trafic du groupe reste affecté par les effets de la hausse des prix des carburants, les ajustements de capacités des compagnies aériennes et par un environnement de demande moins favorable".

Sur les neuf premiers mois de 2026, le trafic passagers à Roissy-Charles-de-Gaulle et Orly a chuté de 0,4 % par rapport à 2025. La période estivale, normalement très fréquentée, a vu 400 000 passagers en moins qu'en 2025. Cette baisse est révélatrice d'un changement dans le comportement des consommateurs, qui optent pour des vacances moins lointaines ou reportent leurs déplacements professionnels. BFM TV souligne que cette situation est inédite depuis la pandémie de Covid, signalant un retournement conjoncturel.

Avec des billets d'avion plus coûteux, les Français révisent leurs plans. Les destinations lointaines, coûteuses en kérosène, cèdent la place à des voyages en Europe, accessibles en train ou en voiture. Les entreprises, pour maîtriser leurs budgets, privilégient les visioconférences ou réduisent les voyages internationaux. En septembre 2026, le trafic à Orly a chuté de 7,9 %, alors que Roissy, mieux positionné sur le long-courrier, a progressé de 1,5 %.

Première baisse de trafic pour les aéroports parisiens depuis la pandémie

Le Groupe ADP avait anticipé une hausse de 0,5% du trafic en 2026, mais a dû réviser ses prévisions à la baisse. En 2025, les aéroports parisiens avaient accueilli 107 millions de passagers, représentant 51% du trafic aérien français. Malgré cette baisse, le Groupe ADP maintient ses prévisions financières pour 2026, avec un EBITDA attendu entre 2,30 et 2,35 milliards d'euros, stable par rapport à 2025. Cependant, l'entreprise prévoit que cet EBITDA se situera dans le bas de cette fourchette, signe de la pression sur ses marges. La société mentionne également que ces prévisions ne tiennent pas compte des potentiels impacts de la loi de finances 2027, ajoutant à l'incertitude.

Les compagnies aériennes, quant à elles, doivent gérer l'augmentation du coût du kérosène, qui représente jusqu'à 30 % de leurs dépenses opérationnelles. Avec une demande élastique, l'augmentation des prix réduit le nombre de passagers. Air France-KLM, acteur majeur en Île-de-France, contribue à hauteur de 3,1 % au PIB régional et emploie directement ou indirectement 120 000 personnes. La taxe TEITLD, imposant un coût de 140 millions d'euros au Groupe ADP en 2025, pourrait être alourdie, ce qui mettrait davantage de pression sur le secteur.

Face à la hausse des tarifs aériens et à la réduction de l'offre, les compagnies ajustent leurs capacités, supprimant des lignes ou réduisant les fréquences. Le contexte économique, marqué par une hausse des taux d'intérêt, complique le financement des investissements aéroportuaires et des flottes aériennes. La baisse du trafic parisien en 2026 souligne la vulnérabilité du secteur aérien face aux fluctuations énergétiques et géopolitiques. Les voyageurs doivent se préparer à des billets plus chers ou à revoir leurs habitudes de déplacement.

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