McLaren commercialise cinq monoplaces de Formule 1 historiques via Tom Hartley Jr., couvrant quatre saisons de 1991 à 2023. Pilotées par Senna, Hamilton, Button et Norris, dont une testée par Brad Pitt, ces machines fonctionnelles pourraient générer des dizaines de millions de dollars. L’écurie privilégie des acheteurs qui les feront rouler plutôt que les exposer.
Formule 1 : cinq McLaren de légende valent des dizaines de millions

En mettant en vente cinq monoplaces de Formule 1 entièrement fonctionnelles par l'intermédiaire du concessionnaire britannique Tom Hartley Jr., McLaren ne se contente pas de céder des véhicules. L'écurie de Woking exploite trois décennies de succès en compétition et s'insère dans un segment peu connu du marché du luxe : les voitures de collection à très haute valeur ajoutée. Cette opération devrait rapporter des dizaines de millions de dollars.
Un marché de niche en plein essor
Depuis une dizaine d'années, le marché des voitures de course historiques connaît une forte croissance. Les monoplaces de Formule 1 se font une place de choix dans les portefeuilles d'investissement alternatifs. Contrairement aux voitures de sport classiques, ces véhicules représentent un triple capital : technologique, sportif et émotionnel. La rareté est un facteur clé de leur valorisation. Chaque année, seules quelques dizaines de ces monoplaces ayant concouru au championnat du monde sont vendues. Selon GrandPrix247, la collection McLaren comprend des voitures de quatre saisons distinctes, de 1991 à 2023, offrant un aperçu historique exceptionnel.
McLaren mise sur son patrimoine compétitif
Championne en titre des constructeurs, l'écurie britannique possède l'un des patrimoines les plus prestigieux du sport automobile. En choisissant de vendre ces véhicules, McLaren adopte une stratégie financière audacieuse. Chaque voiture est préparée avec soin avant d'être remise à son nouveau propriétaire. McLaren souhaite que ces machines restent actives après leur vente, au lieu de rejoindre des collections statiques, différenciant ainsi cette vente d'une simple liquidation d'actifs.
Cinq machines, quatre décennies, une stratégie de valorisation
La collection commence avec deux MP4/6A de 1991, pilotées en course par Gerhard Berger et testées par Ayrton Senna. La MP4/27A de 2012 incarne l'ère moderne, avec Jenson Button en course et Lewis Hamilton aux essais. Les modèles récents, la MCL35M de 2021 et la MCL37A de 2023, sont signés Lando Norris. La MCL37A, en particulier, a été testée en 2025 au Circuit des Amériques par l'acteur Brad Pitt, atteignant 317 km/h.
Le prestige des pilotes associés à ces monoplaces en augmente considérablement la valeur. Ayrton Senna, disparu en 1994, reste une légende, tandis que Lewis Hamilton, septuple champion du monde, symbolise la réussite moderne. Lando Norris incarne la relève talentueuse. Ces noms apportent une dimension historique supplémentaire, chaque voiture représentant un fragment d'histoire sportive authentifié et traçable. La prime de signature peut ainsi représenter entre 30 et 50 % de la valeur totale d'une monoplace historique.
L'effet Brad Pitt : Hollywood et la Formule 1
L'implication de Brad Pitt confère à la MCL37A un statut hybride entre patrimoine sportif et objet culturel. Le test de 2025 au Texas s'inscrivait probablement dans la préparation d'un projet cinématographique. L'acteur a familiarisé le grand public avec la Formule 1, générant une importante publicité pour McLaren. Pour les acheteurs potentiels, la question se pose : cette exposition médiatique justifie-t-elle un surcoût ? Les experts du marché sont divisés, certains y voyant un argument commercial superficiel, d'autres une opportunité d'élargir l'audience.
Stratégie économique et distribution
McLaren a confié la vente à Tom Hartley Jr., un négociant britannique spécialisé dans les véhicules d'exception, connu pour sa discrétion et son réseau international. Le modèle économique repose sur une commission substantielle, généralement entre 5 et 10 % du prix de vente, ce qui représente des millions de dollars pour des transactions de cette ampleur. Ce choix illustre la volonté de McLaren de maximiser la valorisation tout en préservant la confidentialité des acheteurs.
McLaren souhaite que les acheteurs utilisent effectivement les monoplaces et évitent qu'elles ne deviennent des objets de collection statiques. Cela préserve non seulement l'image de marque - McLaren construit des machines performantes, pas des pièces de musée -, mais crée également un écosystème de services lucratifs : maintenance, pièces détachées, assistance lors de démonstrations. Chaque apparition publique d'une monoplace historique renforce le capital symbolique de l'écurie. McLaren prépare minutieusement chaque voiture avant sa livraison pour garantir leur fiabilité mécanique.
Le marché des actifs automobiles de collection connaît une profonde mutation. Les monoplaces de Formule 1 s'imposent comme une catégorie d'investissement à part entière, alliant passion et potentiel de rendement. L'initiative de McLaren reflète la professionnalisation croissante de ce segment. Reste à voir si les cinq voitures trouveront des acquéreurs partageant la vision de l'écurie : faire vivre le patrimoine plutôt que le figer, en combinant rationalité économique et passion automobile des collectionneurs fortunés.
