Livret A et LDDS : 2,22 milliards d’euros retirés en septembre 2026

En septembre 2026, les Français ont retiré 2,22 milliards d’euros nets des Livrets A et LDDS, malgré une revalorisation du taux à 1,7%. Cette décollecte massive révèle des tensions inflationnistes sous-jacentes et annonce une probable hausse du Livret A à 2,60% début 2027.

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By La rédaction Published on 22 octobre 2026 10h30
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Livret A et LDDS : 2,22 milliards d’euros retirés en septembre 2026 - © Economie Matin
1,52 MILLIARD €Le Livret A a enregistré une décollecte nette de 1,52 milliard d'euros

Alors que la Banque centrale européenne maintient une posture restrictive, les flux de capital français racontent une histoire différente : celle d'une inflation souterraine qui pousse les épargnants à chercher des rendements supérieurs à 1,7%. La décollecte de 2,22 milliards d'euros en septembre 2026 n'est pas une anecdote statistique, c'est un symptôme macroéconomique majeur.

Quand les Français abandonnent les livrets : 2,22 milliards d'euros de fuite en septembre

Le mois de septembre 2026 marque un tournant dans le comportement des épargnants français. Selon les données publiées par la Caisse des dépôts, le Livret A a enregistré une décollecte nette de 1,52 milliard d'euros, tandis que le LDDS (Livret de développement durable et solidaire) accusait un retrait de 700 millions d'euros. Au total, 2,22 milliards d'euros ont quitté ces deux produits d'épargne réglementée en un seul mois.

Paradoxe apparent : cette hémorragie intervient à peine un mois après la revalorisation du taux du Livret A, passé de 1,5% à 1,7% le 1er août 2026. L'augmentation, pourtant attendue, n'a produit qu'un léger sursaut estival avant que la tendance baissière ne reprenne de plus belle. L'encours total cumulé des deux livrets s'établit désormais à 606,7 milliards d'euros, un niveau stable sur un an mais qui masque une redistribution profonde des flux d'épargne.

L'assurance-vie capture la majorité des flux : une rationalité économique

La concurrence des produits alternatifs explique largement cette désaffection. L'assurance-vie, avec une rémunération moyenne de 2,63% brut sur ses fonds en euros, offre un rendement supérieur de 93 points de base au Livret A. Même après fiscalité, l'écart reste significatif pour les contribuables imposés dans les tranches moyennes et supérieures.

Eric Buffandeau, directeur adjoint des études chez BPCE, résume la situation : « Les livrets notamment réglementés continuent de pâtir de leur moindre rémunération ». Au-delà du différentiel de taux, la multiplication des livrets boostés proposant jusqu'à 4,50% brut accélère la migration des capitaux vers des supports plus rémunérateurs.

Au-delà des chiffres : ce que révèle cette décollecte sur l'économie française

La persistance de la décollecte depuis début 2025 traduit une réalité économique plus profonde qu'un simple arbitrage financier. Comme le souligne Boursorama, « la pression sur le pouvoir d'achat pousse également les épargnants à puiser dans leurs bas de laine ». Les ménages français, confrontés à une inflation ressentie supérieure aux statistiques officielles, puisent dans leurs réserves pour maintenir leur niveau de vie.

Le phénomène touche également le Livret d'épargne populaire (LEP), pourtant rémunéré à un taux plus attractif. Sa décollecte record de 3,03 milliards d'euros en septembre 2026, inédite pour ce mois traditionnellement calme, confirme que les ménages modestes subissent une érosion accélérée de leur pouvoir d'achat. L'encours du LEP s'établit désormais à 80,4 milliards d'euros.

Stabilité de l'encours global : une illusion statistique

Si l'encours total des livrets réglementés reste stable sur un an à 606,7 milliards d'euros, cette apparente solidité masque une transformation structurelle. Les nouveaux versements proviennent essentiellement de l'épargne de précaution des ménages les moins bancarisés, tandis que les détenteurs de patrimoines diversifiés arbitrent massivement vers d'autres supports.

La Caisse des dépôts observe que « les épargnants ont encore pioché dans leurs Livrets A en septembre, plus qu'ils ne les ont garnis ». Cette formulation pudique décrit un mouvement de fond : la désintermédiation progressive de l'épargne réglementée au profit de produits à rendement variable. Le contexte de taux d'emprunt élevés renforce par ailleurs l'attractivité relative des placements obligataires et des fonds euros.

Prévisions 2027 : vers une revalorisation à 2,60% du Livret A

Les économistes de BPCE anticipent une revalorisation substantielle du Livret A à 2,60% en début 2027, soit 90 points de base supplémentaires par rapport au taux actuel. Un tel relèvement signalerait le retour d'une inflation structurelle dans l'économie française, après une période de désinflation en 2025. Pour la Banque de France et la BCE, ce scénario compliquerait le pilotage de la politique monétaire : maintenir des taux directeurs élevés pour contenir l'inflation tout en évitant de pénaliser excessivement l'investissement productif.

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