Fibre Excellence à Saint-Gaudens : 270 emplois menacés faute d’offre de reprise

Aucune offre ferme de reprise de l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens n’a été déposée à l’échéance du 22 octobre. Un projet industriel portugais de 200 millions d’euros reste à l’étude, mais l’avenir des 270 salariés dépend de la prochaine décision judiciaire.

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By Published on 26 octobre 2026 16h30
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Fibre Excellence à Saint-Gaudens : 270 emplois menacés faute d’offre de reprise - © Economie Matin

Aucune offre ferme de reprise de l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens n’a été déposée à l’échéance du 22 octobre. Un projet porté par un industriel portugais reste à l’étude, mais 270 emplois directs sont désormais exposés à une liquidation judiciaire.

Le délai accordé par le tribunal de commerce de Toulouse s’est achevé jeudi 22 octobre sans dossier définitif. Trois lettres d’intention, émanant de l’État, de la Région Occitanie et d’un groupe portugais, ont néanmoins été transmises à la juridiction, rapporte une dépêche de l’AFP publiée le 23 octobre. Le tribunal doit réexaminer la situation début novembre. La liquidation apparaît désormais comme l’issue la plus probable, mais aucune nouvelle décision n’a encore été rendue.

Un projet à 200 millions d’euros encore à construire

Le candidat intéressé est le groupe portugais Ghost, spécialisé dans la transformation du papier et les produits d’hygiène. La Région présente un projet associant le redémarrage de la fabrication de pâte à papier et l’installation, à Saint-Gaudens, d’une unité destinée à transformer cette matière première en produits finis, notamment des couches, du papier toilette et des essuie-tout.

L’investissement envisagé atteint 200 millions d’euros, avec une plateforme de transformation de 50 000 m². Ces chiffres décrivent une ambition industrielle, pas un financement définitivement bouclé. Dans son point publié le 26 octobre, La Lettre M confirme que les trois courriers ont été remis le 22 octobre et que le projet exige encore plusieurs mois de préparation.

La distinction est déterminante pour les salariés : une lettre d’intention manifeste l’intérêt d’un investisseur, tandis qu’une offre de reprise formalisée permet au tribunal d’examiner précisément les engagements financiers et industriels. Les responsables du groupe Ghost ont indiqué avoir besoin de temps pour finaliser leur proposition. L’hypothèse d’un redémarrage de la production sous douze mois, évoquée par la Région, demeure à ce stade un objectif.

En septembre, le tribunal avait accordé trois mois supplémentaires de poursuite d’activité afin de laisser aux industriels le temps de finaliser leur dossier. Cette décision reposait notamment sur 3,5 millions d’euros mobilisés par la Région et 2 millions par l’État, comme le détaillait le communiqué officiel du 15 septembre. L’échéance du 22 octobre était donc connue depuis plusieurs semaines.

Une inquiétude qui dépasse les murs de l’usine

À Saint-Gaudens, l’activité de Fibre Excellence structure une partie de l’économie du Comminges. Au-delà des salariés de l’usine, les entreprises de transport, les fournisseurs de bois, les sous-traitants et les prestataires de maintenance sont concernés par son avenir. Le président du conseil départemental de la Haute-Garonne avait estimé en septembre que plus de 2 000 emplois indirects dépendaient de cette activité, une évaluation locale qui n’équivaut pas à un décompte de licenciements annoncés.

La perspective d’une interruption durable de la production inquiète aussi les salariés quant à la conservation des équipements. Dans un reportage publié le 23 octobre par La Dépêche du Midi, le représentant CGT Nicolas Bruel insiste sur la nécessité de préserver l’outil industriel pendant la transition. Les conditions d’entretien du site et le maintien des compétences seront décisifs si le projet de Ghost aboutit.

Quel accompagnement pour les salariés concernés ?

Si une liquidation débouche sur des licenciements économiques, les salariés pourront se voir proposer un contrat de sécurisation professionnelle (CSP). Ce dispositif prévoit un accompagnement renforcé vers l’emploi, notamment par des actions de formation, ainsi qu’une allocation dont les conditions dépendent de l’ancienneté et de la situation individuelle. Il s’applique également aux entreprises en liquidation judiciaire.

Le guide officiel de Service-Public consacré au CSP prévoit un délai de réflexion de 21 jours calendaires à compter du lendemain de la remise des documents d’information par l’employeur. Ce délai n’a donc pas commencé pour l’ensemble des salariés du seul fait de l’expiration, le 22 octobre, de la période de dépôt des offres. Les intéressés pourront demander un entretien d’information à France Travail avant de prendre leur décision.

Les modalités concrètes de l’accompagnement dépendront de la décision du tribunal et des procédures engagées ensuite. Les services de France Travail et de la préfecture de Haute-Garonne doivent être mobilisés, a indiqué le ministre chargé de l’Industrie dans des propos rapportés par l’AFP. L’audience annoncée pour le début du mois de novembre constitue désormais la prochaine échéance pour les salariés, les sous-traitants et les acteurs économiques du bassin de Saint-Gaudens.

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La Fédération des centres de gestion agréés (FCGA) regroupe près de 300 000 petites entreprises (TPE) et 103 Centres de Gestion Agréés (CGA). 50 % des TPE imposées au BIC sont adhérentes à un CGA.

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