Cour des comptes : 100 millions d’euros de bureautique dans les ministères, une stratégie à revoir

Dans un rapport du 22 octobre, la Cour des comptes chiffre à environ 100 millions d’euros la bureautique des ministères en 2025. Elle appelle à mieux piloter les dépenses et à préparer une transition vers les logiciels libres.

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By Published on 26 octobre 2026 15h42
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Cour des comptes : 100 millions d’euros de bureautique dans les ministères, une stratégie à revoir - © Economie Matin

Les administrations centrales et déconcentrées de l’État ont consacré environ 100 millions d’euros en 2025 à leurs outils bureautiques et collaboratifs. Dans un rapport publié le 22 octobre 2026, la Cour des comptes juge la dépense encore modeste à l’échelle du budget informatique public, mais alerte sur sa progression, la dispersion des choix ministériels et l’absence d’un pilotage suffisamment précis.

Le périmètre examiné couvre quelque 860 000 postes de travail, des services centraux aux administrations déconcentrées. Il exclut les opérateurs de l’État, les hôpitaux, les collectivités territoriales et les organismes de sécurité sociale. La Cour des comptes détaille les constats et recommandations de son enquête, engagée à la suite d’une proposition citoyenne.

Une facture de 100 millions d’euros, difficile à suivre précisément

Le montant reconstitué pour 2025 rassemble les licences, les prestations techniques et les moyens humains affectés à ces outils. Selon les données reprises du rapport, les licences représentent 61 millions d’euros, les prestations 26 millions et les coûts de personnel associés 13 millions. Les achats de licences sont largement concentrés chez Microsoft, tandis que le parc logiciel reste hétérogène d’un ministère à l’autre.

La Cour insiste sur une limite importante : les dépenses ne sont pas partout retracées avec la même rigueur. Plusieurs administrations ne disposent pas d’une comptabilité analytique leur permettant d’identifier de manière fiable le nombre de postes concernés et le coût complet des solutions. Les 100 millions d’euros constituent donc une estimation reconstituée, et non un inventaire exhaustif des achats publics numériques.

La dépense représente moins de 2 % du budget informatique de l’État, mais elle a augmenté fortement depuis 2021. Le sujet n’est donc pas seulement le poids de la bureautique dans les comptes publics : c’est aussi la capacité des ministères à maîtriser durablement leurs contrats et à anticiper le renouvellement des outils.

DGFiP et gendarmerie : des choix différents du modèle dominant

Malgré les orientations interministérielles, Microsoft Office demeure le standard le plus répandu. Certaines administrations bénéficient de dérogations temporaires pour Microsoft 365. D’autres ont adopté des solutions libres, notamment la direction générale des finances publiques (DGFiP) et la direction générale de la gendarmerie nationale.

Ces différences illustrent l’autonomie historique des ministères dans leurs décisions informatiques. Elles compliquent également la mutualisation, la comparaison des coûts et la construction d’une stratégie commune. La Cour observe que les agents se déclarent globalement satisfaits de leurs outils, qu’ils soient propriétaires ou libres : la transition ne peut donc être évaluée à partir du seul prix des licences.

Logiciels libres et cloud : jusqu’à 130 millions d’euros de dépense évitable, sous conditions

La Cour recommande de préparer une trajectoire de migration vers des outils bureautiques libres accessibles dans un environnement cloud maîtrisé, interne à l’État ou qualifié SecNumCloud. Dans une comparaison de scénarios futurs, elle évoque une dépense évitable pouvant atteindre 130 millions d’euros par an par rapport à une solution propriétaire. Ce chiffre est une estimation conditionnelle, pas une économie déjà réalisée ni une somme à retrancher du budget actuel de 100 millions d’euros.

La direction interministérielle du numérique (DINUM) développe déjà « La Suite », un ensemble de services collaboratifs. La Cour en reconnaît l'utilité, tout en demandant une gouvernance plus étroitement associée aux ministères et aux entreprises du logiciel libre. Elle recommande de lancer dès 2027 une feuille de route commune et un plan pluriannuel de migration sur trois à quatre ans au maximum.

Pour les administrations concernées, la prochaine étape sera donc de transformer ces recommandations en calendrier, en inventaire fiable des dépenses et en choix techniques cohérents. Le rapport ne constate aucune décision générale de remplacement immédiat des logiciels actuellement utilisés.

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La Fédération des centres de gestion agréés (FCGA) regroupe près de 300 000 petites entreprises (TPE) et 103 Centres de Gestion Agréés (CGA). 50 % des TPE imposées au BIC sont adhérentes à un CGA.

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