Recrutement : les métiers en forte tension ne représentent plus que 46 % de l’emploi

Selon une étude de la Dares et de France Travail publiée le 22 octobre, les métiers en tension forte ou très forte représentent 46 % de l’emploi en 2025, contre 56 % en 2024. La détente du marché du recrutement coexiste avec des pénuries persistantes dans certaines professions industrielles et du bâtiment.

Cropped Favicon Economi Matin.jpg
By Published on 27 octobre 2026 4h41
95274f61 Metiers En Tension 2025 Dares
Recrutement : les métiers en forte tension ne représentent plus que 46 % de l’emploi - © Economie Matin

Les difficultés de recrutement se sont sensiblement atténuées en France en 2025. Selon l’étude « Les tensions sur le marché du travail en 2025 », publiée le 22 octobre 2026 par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) avec France Travail, les métiers en tension forte ou très forte représentent désormais 46 % de l’emploi total, contre 56 % en 2024. Hors période de crise sanitaire, les tensions retrouvent leur niveau le plus bas depuis 2017.

Un peu plus de la moitié des métiers étudiés restent toutefois classés parmi les professions où recruter est difficile, contre près des deux tiers un an plus tôt. Le reflux est donc important, mais inégal selon les qualifications et les secteurs. Les professions industrielles, les métiers techniques et ceux du bâtiment demeurent particulièrement concernés par les difficultés de recrutement.

Une détente qui accompagne le ralentissement des embauches

La diminution des tensions ne se confond pas avec une accélération de l’emploi. Quand les entreprises recrutent moins, elles se disputent moins souvent les mêmes candidats. Le résultat de la Dares doit ainsi être lu à la lumière de l’activité économique et des mouvements de main-d’œuvre.

Les statistiques de mouvements de main-d’œuvre publiées par la Dares le 22 octobre montrent qu’au deuxième trimestre 2026, 6 603 800 embauches ont été enregistrées dans le secteur privé de France métropolitaine, hors agriculture, intérim et particuliers employeurs. Leur nombre augmente de 0,5 % sur le trimestre, mais les embauches en contrat à durée indéterminée reculent de 0,9 %, après une baisse de 1,5 % au trimestre précédent. Ces données portent sur une période postérieure à l’étude des tensions de 2025 et éclairent la fragilité de la dynamique de recrutement.

Des difficultés qui restent concentrées dans certains métiers

La photographie nationale masque des situations très différentes. Un poste peut rester difficile à pourvoir malgré un ralentissement général des embauches, notamment lorsque les compétences demandées sont rares localement, que les horaires sont contraignants ou que les conditions de travail réduisent le nombre de candidats disponibles.

L’enquête annuelle « Besoins en main-d’œuvre » de France Travail apporte un éclairage complémentaire : pour 2026, les employeurs déclarent 2,28 millions de projets de recrutement, dont 43,8 % sont jugés difficiles, contre 50,1 % pour les projets de 2025. Cette mesure porte sur les intentions d’embauche des employeurs, tandis que l’indicateur de la Dares classe les métiers selon plusieurs dimensions du marché du travail. Les deux pourcentages ne sont donc pas directement interchangeables.

Un enjeu de ciblage pour les employeurs et les acteurs de l’emploi

Pour les entreprises, l’enjeu se déplace d’une pénurie généralisée vers des difficultés davantage ciblées. La formation, les conditions d’exercice, l’attractivité des rémunérations et la mobilité géographique peuvent peser différemment d’un métier à l’autre. Pour les services publics de l’emploi, les moyennes nationales ne suffisent pas à identifier les besoins de qualification à l’échelle d’un bassin d’emploi.

Les résultats publiés par la Dares décrivent une détente réelle du marché du recrutement en 2025, dans un contexte où les intentions d’embauche se modèrent. Ils laissent subsister des écarts marqués entre les professions, que les entreprises et les acteurs de la formation doivent apprécier métier par métier et territoire par territoire.

Cropped Favicon Economi Matin.jpg

La Fédération des centres de gestion agréés (FCGA) regroupe près de 300 000 petites entreprises (TPE) et 103 Centres de Gestion Agréés (CGA). 50 % des TPE imposées au BIC sont adhérentes à un CGA.

No comment on «Recrutement : les métiers en forte tension ne représentent plus que 46 % de l’emploi»

Leave a comment

* Required fields