Halloween : 1 Français sur 4 dépensera plus de 50 euros

L’étude Bonial d’octobre 2026 révèle que 63% des Français prévoient des achats pour Halloween, mais avec une fracture budgétaire marquée : 73% dépenseront moins de 50 euros tandis que 27% franchiront largement ce seuil. Entre bonbons prioritaires et magasins physiques plébiscités, la fête du 31 octobre dessine les contours d’une consommation à deux vitesses.

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By La rédaction Published on 27 octobre 2026 9h03
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@shutter - © Economie Matin
87%87% des consommateurs français privilégient les achats en magasin physique pour leurs emplettes festives.

À quatre jours d'Halloween, les données tombent : 63% des consommateurs français prévoient d'ouvrir leur portefeuille pour la fête du 31 octobre. Mais l'étude Bonial, menée du 8 au 12 octobre auprès de 1 719 utilisateurs, révèle surtout une fracture budgétaire inédite. Si 73% des participants resteront sous la barre des 50 euros, près d'un quart (27%) franchira allègrement ce seuil, dessinant les contours d'une consommation à deux vitesses.

63% des Français participent aux achats d'Halloween

La participation aux achats d'Halloween grimpe cette année, confirmant l'ancrage de cette tradition importée dans l'Hexagone. Deux Français sur trois déclarent prévoir des dépenses liées à la fête, un taux stable par rapport aux années précédentes malgré le contexte économique tendu. L'engouement traverse les générations et les catégories socioprofessionnelles, même si les montants alloués varient considérablement selon les ménages.

Parmi les acheteurs, 29% budgétisent moins de 20 euros, tandis que 44% prévoient entre 20 et 49 euros. Cette concentration sur les petits budgets traduit une approche pragmatique : privilégier la participation symbolique sans grever les finances familiales. Les ménages modestes optent pour l'essentiel, quelques sachets de bonbons et peut-être une citrouille en plastique, suffisant pour marquer le coup auprès des enfants.

À l'opposé du spectre, 27% des consommateurs dépenseront au moins 50 euros, voire bien davantage pour certains. Décorations élaborées, costumes sur mesure, réceptions thématiques : ces ménages transforment Halloween en véritable événement familial. Cette segmentation illustre les inégalités de pouvoir d'achat en France, où la capacité à consacrer plusieurs dizaines d'euros à une fête optionnelle devient un marqueur socio-économique.

Les bonbons, priorité incontournable

Sans surprise, les confiseries dominent largement les intentions d'achat. Bonbons, chocolats et chewing-gums constituent la catégorie phare pour 84% des acheteurs d'Halloween. Cette écrasante majorité reflète l'essence même de la tradition : distribuer des friandises aux enfants déguisés sonnant aux portes. Toutefois, un chiffre interpelle : 78% des achats sont destinés à la consommation personnelle ou familiale, contre 62% seulement pour les visiteurs nocturnes.

84% des acheteurs orientent leurs dépenses vers les confiseries

La hiérarchie des achats se dessine clairement. Après les bonbons, les décorations intérieures et extérieures arrivent en deuxième position avec 53% des intentions, suivies par les citrouilles (39%), les costumes et accessoires (35%). Cette répartition montre que Halloween mobilise désormais plusieurs dimensions : gourmandise, esthétique domestique, déguisement.

Malgré la montée du e-commerce, Halloween demeure une affaire de boutiques traditionnelles. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 87% des consommateurs français privilégient les achats en magasin physique pour leurs emplettes festives. Ce plébiscite s'explique par plusieurs facteurs, dont l'immédiateté (pas d'attente de livraison), la possibilité de toucher et comparer les produits, et le plaisir de l'achat impulsif.

Les grandes surfaces non alimentaires captent 49% des dépenses d'Halloween, devançant nettement les supermarchés et hypermarchés (28%). Les enseignes spécialisées dans la décoration et les loisirs créatifs profitent ainsi pleinement de cette manne saisonnière. Seule une minorité se tourne vers Internet ou les commerces de proximité, confirmant que Halloween génère encore des flux massifs vers les zones commerciales périurbaines.

Contexte inflationniste : les leçons américaines

Outre-Atlantique, Halloween vire au cauchemar budgétaire. Les prix des confiseries explosent, avec une hausse de 44% sur cinq ans selon l'Associated Press, soit le double de l'inflation alimentaire générale (22,5%). Les peanut butter cups, friandise emblématique, affichent une augmentation de 23% en un an. Comme le souligne le Courrier International, "ce qui fait vraiment peur, c'est jusqu'où certaines familles américaines sont prêtes à aller pour célébrer Halloween" en pleine inflation galopante.

Le cacao, dont l'Afrique de l'Ouest fournit 70% de la production mondiale, a atteint un record de 10 710 dollars la tonne en janvier 2025. Les perturbations d'approvisionnement en engrais liées à la guerre en Iran, combinées aux prévisions météorologiques défavorables (El Niño), ont ravivé les inquiétudes sur la production. Résultat : les ventes de friandises américaines ont reculé de 6,7% à mi-octobre 2026 par rapport à l'année précédente, selon NielsenIQ. Plus inquiétant encore, 24% des ménages américains envisagent de s'endetter pour financer Halloween, révèle le cabinet LendingTree. Une situation qui rappelle les tensions inflationnistes observées lors des fêtes de fin d'année.

La France échappe pour l'instant à cette spirale, mais les signaux américains sonnent comme un avertissement. Si les prix du cacao continuent leur ascension, les budgets français pourraient rapidement se contracter, réduisant la part des 27% de gros dépensiers.

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