Pouvoir d’achat : la confiance des ménages tombe à son plus bas niveau depuis 2013

L’indice Insee de confiance des ménages recule à 80 en octobre 2026, contre 85 en septembre. Finances personnelles, niveau de vie, prix et achats importants : les perspectives économiques se dégradent.

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By La rédaction Last modified on 27 octobre 2026 9h42
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Pouvoir d’achat : la confiance des ménages tombe à son plus bas niveau depuis 2013 - © Economie Matin
24,17%Les chiffres de l'INSEE montrent une inflation cumulée de 24,17% entre 2017 et fin 2026.

La confiance des ménages français a brusquement reculé en octobre 2026. Selon l’enquête mensuelle publiée mardi 27 octobre par l’Insee, l’indicateur synthétique perd cinq points et tombe à 80, après 85 en septembre en données révisées. Il n’avait plus atteint un niveau aussi bas depuis juin 2013. La détérioration touche à la fois la perception de la situation financière personnelle, les perspectives de niveau de vie et les intentions d’achats importants. Pour les entreprises comme pour les ménages, le signal est préoccupant à l’approche des derniers mois de l’année.

Un indicateur à 80, très loin de sa moyenne de longue période

La confiance des ménages est restée plusieurs mois autour de 85 ou 86 avant de décrocher en octobre. Le recul mensuel est d’autant plus net que le niveau atteint se situe vingt points sous la moyenne de longue période, fixée conventionnellement à 100. L’enquête de septembre avait initialement fait état d’un indice de 86 ; l’Insee l’a ramené à 85 lors de la publication d’octobre.

La mesure ne représente pas une proportion de Français confiants ou mécontents. L’indicateur agrège plusieurs soldes d’opinion sur les finances personnelles, le niveau de vie en France, l’emploi et la pertinence d’engager de grosses dépenses. Il renseigne sur les anticipations et les perceptions des ménages, sans mesurer directement leurs revenus ni leur consommation.

Le budget des ménages suscite une inquiétude croissante

L’élément le plus frappant est l’érosion des perspectives financières personnelles. Le solde relatif à leur situation financière future recule de neuf points, de −15 à −24. Celui qui porte sur l’évolution de leurs finances au cours des douze derniers mois passe de −26 à −32. Pour le niveau de vie en France, les perspectives futures se dégradent également, avec un solde de −67 contre −61 en septembre. La perception du niveau de vie passé tombe, pour sa part, à −85, contre −82 le mois précédent. Selon l’Insee, jamais ce solde particulier n’avait été aussi bas depuis le début de l’enquête, en octobre 1972.

Le solde mesurant l’opportunité de réaliser des achats importants recule de quatre points, de −37 à −41. Cette question concerne notamment la décision d’acheter une voiture, de renouveler de gros équipements ou d’engager certaines dépenses pour le logement. Sa dégradation peut annoncer davantage d’attentisme dans le commerce.

Un signal comparable ressort du côté des professionnels. Dans une enquête publiée le 22 octobre, l’Insee a constaté que le climat des affaires dans le commerce de détail et la réparation automobile était retombé à 93, en baisse de trois points. Les deux enquêtes sont distinctes, mais elles témoignent d’une prudence accrue chez les clients comme chez les commerçants. À l’inverse, le climat des affaires dans l’ensemble des secteurs a légèrement remonté à 97.

Les prix et le chômage alimentent les préoccupations

La part relative des ménages jugeant que les prix ont fortement augmenté au cours des douze derniers mois continue de progresser : le solde correspondant passe de 34 à 42, soit huit points de plus en octobre. Les anticipations d’une accélération des prix augmentent elles aussi légèrement.

Les craintes concernant le chômage progressent parallèlement. Le solde associé passe de 56 à 61, ce qui traduit une augmentation des anticipations défavorables pour l’emploi. Dans son bilan de conjoncture du 22 octobre, l’Insee indique aussi que le climat de l’emploi s’est replié de trois points, à 95, sous sa moyenne historique.

Une épargne encore jugée favorable, malgré le repli

Le climat de l’épargne perd deux points, à 118 contre 120 en septembre, mais demeure nettement supérieur à sa moyenne historique de 100. La capacité d’épargne actuelle est jugée relativement stable, alors que les perspectives de capacité future se dégradent et que l’opportunité d’épargner recule. Le contraste entre une confiance économique très faible et un climat de l’épargne encore élevé traduit des arbitrages différents selon les ménages : certains peuvent conserver une marge financière, tandis que d’autres ressentent une pression sur les dépenses essentielles.

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