Une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme compare sept métropoles et met en évidence la place exceptionnelle de la marche à Paris. Le résultat éclaire les choix de voirie et l’organisation des commerces de proximité.
Paris : 56 % des déplacements sont effectués entièrement à pied

Selon une étude de l’Apur présentée en septembre, 56 % des déplacements des habitants de Paris sont réalisés entièrement à pied. La voiture et les deux-roues motorisés représentent environ 8 % des déplacements, les transports collectifs 31 % et le vélo 3 %. Ces chiffres dessinent un modèle de mobilité urbain très spécifique.
Le commerce parisien au rythme des piétons
La place majeure de la marche modifie la manière d’observer les rues commerçantes. Accessibilité à pied, largeur des trottoirs, confort d’attente et sécurité des traversées peuvent compter autant que la présence de places de stationnement. Ce constat ne signifie pas que toutes les activités peuvent se passer d’accès motorisé : artisans, livraisons, déménagements et certains clients dépendent de véhicules. Une politique de mobilité équilibrée doit distinguer les déplacements des consommateurs de ceux qui approvisionnent les commerces.
Une capitale très peu motorisée
L’étude rapporte qu’environ 68 % des ménages parisiens n’ont pas de voiture. Cette part éclaire la forte utilisation des transports collectifs et la place de la marche pour les trajets courts. Elle n’autorise pas à conclure que les infrastructures routières n’ont plus d’utilité. Les besoins des personnes à mobilité réduite, des services d’urgence et des entreprises doivent rester pris en compte dans la gestion de l’espace. La question porte moins sur la disparition d’un mode de transport que sur une meilleure adaptation des rues à leurs usages réels.
Le vélo progresse mais reste minoritaire
L’Apur met en évidence un écart important avec Amsterdam, où la part du vélo est bien plus élevée. Paris dispose pourtant d’un réseau cyclable étendu, avec 1 293 kilomètres d’aménagements recensés en 2025 dans la communication municipale. Il faut distinguer longueur des aménagements, fréquence d’utilisation et part modale dans la mobilité. Ces données répondent à des indicateurs différents et ne peuvent pas être substituées les unes aux autres.
Il faudra aussi distinguer les déplacements des habitants de Paris de ceux des visiteurs et des travailleurs venant de l’extérieur. Les statistiques par mode varient selon le périmètre observé. Un chiffre portant sur Paris intra-muros ne résume donc pas toute la mobilité métropolitaine. Cette précision est essentielle lorsque les décisions de voirie concernent des commerces qui reçoivent une clientèle venue d’autres départements, ou des entreprises qui dépendent de chaînes d’approvisionnement régionales.
Quelles conséquences pour les investissements publics
Si la majorité des déplacements se fait à pied, la qualité des trottoirs, des passages piétons et des espaces d’attente devient un enjeu économique et social. Les investissements peuvent aussi influencer l’attractivité commerciale de certaines rues, mais ces effets doivent être mesurés avant d’être annoncés. Le principal apport de l’étude est d’objectiver les usages parisiens et de donner des arguments chiffrés au débat sur la répartition de la voirie.
Les questions encore ouvertes
Les résultats offrent aussi une base pour discuter des priorités de sécurité. Lorsque la marche représente la majorité des trajets, les accidents impliquant des piétons et le confort des traversées deviennent des indicateurs importants de la qualité du réseau. Les investissements ne doivent pas être évalués uniquement à l'aune du temps gagné par les véhicules. Pour les habitants, une rue agréable et sûre peut rendre possible un déplacement qui aurait autrement nécessité un transport. Ce bénéfice social doit cependant être mesuré avec des méthodes adaptées.
Source documentaire : https://www.paris.fr/pages/paris-championne-du-monde-de-la-marche-une-etude-compare-la-capitale-a-6-autres-metropoles-36418.