Une étude de l’Insee publiée le 29 octobre 2026 détaille les écarts de vulnérabilité énergétique en Occitanie, à partir de données de référence de 2021. Elle simule aussi l’effet d’une forte hausse des prix et celui de rénovations ambitieuses, sans les présenter comme des résultats déjà observés.
Énergie du logement : l’Insee chiffre le risque pour 448 000 ménages d’Occitanie

En Occitanie, 448 000 ménages étaient exposés à une forte charge énergétique liée à leur logement en 2021, soit 17,1 % des foyers. Une étude de l’Insee publiée le 29 octobre 2026 précise quels ménages et quels territoires étaient les plus concernés, puis mesure, par simulation, ce que changeraient une flambée des prix de l’énergie et des rénovations du parc résidentiel.
La distinction est essentielle : les 448 000 ménages correspondent à une estimation fondée sur des données anciennes, tandis que les scénarios de prix et de travaux ne décrivent pas la situation effectivement constatée en 2026. Ils permettent néanmoins d’évaluer l’ampleur possible des risques et les leviers d’action.
Un logement surchauffé financièrement, même sans être une « passoire thermique »
L’Insee retient une définition fondée sur les dépenses énergétiques nécessaires pour maintenir un confort thermique standard. Un ménage est considéré comme vulnérable lorsque ces dépenses conventionnelles représentent plus de 9,2 % de son revenu disponible, soit deux fois le taux d’effort médian observé en France métropolitaine en 2021, avec une exclusion des ménages les plus aisés selon la méthode de l’étude.
La vulnérabilité ne se confond donc ni avec des factures impayées ni avec la seule présence d’une étiquette F ou G au diagnostic de performance énergétique. En Occitanie, 8 % des résidences principales sont classées F ou G, contre 15 % au niveau métropolitain. Pourtant, 17,1 % des ménages régionaux sont vulnérables au sens de l’indicateur.
Les disparités sont considérables : dans les territoires ruraux non périurbains, 31 % des ménages sont concernés, contre 14 % dans les pôles urbains et 12 % dans leurs couronnes. Les maisons anciennes, les logements mal isolés et le chauffage au fioul contribuent fortement à ces écarts.
Personnes seules, revenus modestes et chauffage au fioul : les facteurs qui se cumulent
Près de la moitié des ménages pauvres d’Occitanie sont en situation de vulnérabilité énergétique liée au logement. Parmi les 10 % de ménages les plus modestes, la proportion atteint sept sur dix. Les personnes seules sont particulièrement exposées : 29,6 % d’entre elles sont concernées, contre 9,5 % des couples sans enfant et 3,3 % des couples avec enfant.
Le chauffage au fioul apparaît comme un autre facteur de risque : 45 % des ménages habitant un logement qui l’utilise sont vulnérables, contre 16,3 % avec le gaz et 13,6 % avec l’électricité. Ces écarts ne signifient pas que le seul changement d’énergie supprimerait automatiquement la vulnérabilité : revenus, qualité du bâti, surface et climat jouent simultanément.
L’Insee souligne notamment le cumul des difficultés chez les personnes seules de 65 ans ou plus propriétaires de leur maison. Parmi celles qui se chauffent au fioul, la proportion estimée de ménages vulnérables atteint 73 %. Le Journal Toulousain a également mis en lumière ces inégalités à partir de l’étude régionale.
Une simulation de hausse des prix porterait le nombre de ménages exposés à 680 000
L’étude explore un scénario combinant les hausses de prix de l’énergie constatées entre 2021 et 2024 — 47 % pour l’électricité, 65 % pour le gaz et 35 % pour le fioul — avec une progression de 5 % des revenus disponibles. Dans ce cadre théorique, et sans tenir compte des aides publiques telles que le chèque énergie, 232 000 ménages supplémentaires deviendraient vulnérables, portant la proportion régionale à environ 27 %.
Ce calcul ne constitue ni un bilan officiel des ménages vulnérables en 2024, ni une prévision pour 2027. Il isole l’effet de certaines hypothèses économiques sur une population et un parc de logements de référence. Il montre aussi que les difficultés potentielles ne se limitent pas aux passoires thermiques : selon le modèle, une majorité des nouveaux ménages exposés vivraient dans des logements classés D ou E.
Ce que la rénovation pourrait changer selon le modèle
L’Insee teste séparément un scénario de rénovation : tous les logements classés F ou G passeraient en D, tandis que la moitié des logements D atteindraient la classe B. Dans cette hypothèse, le nombre de ménages vulnérables diminuerait de 110 000 par rapport à la situation de référence, et le taux régional tomberait à 13 %. La consommation conventionnelle d’énergie du parc reculerait de 20 %, pour des dépenses estimées en baisse de 14 %.
Il ne s’agit pas d’un programme de travaux voté ou financé, mais d’un ordre de grandeur modélisé. Le coût de réalisation des rénovations, leur rythme effectif et les aides mobilisables ne peuvent pas être déduits de ce seul résultat.
Pour les ménages, l’étude invite surtout à examiner ensemble les revenus, l’isolation, le mode de chauffage et les besoins du logement. Pour les décideurs publics, elle fournit une base pour mieux cibler les politiques de rénovation, sans confondre les dépenses théoriques calculées par les diagnostics avec les factures réellement acquittées.