Le FMI félicite Londres pour sa gestion économique. Croissance en hausse, chômage en baisse, déficit qui se résorbe. De l'autre côté de la Manche, c'est le miroir inversé. Jusqu'où faudra-t-il tomber avant de tirer les leçons ?
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Taux de croissance du Royaume-Uni revu à la hausse par le FMI en 2026, quand la France peine à dépasser 0,8%.
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Le choc de la comparaison
Il y a quelques années encore, évoquer le Royaume-Uni comme modèle économique faisait sourire. Le Brexit, nous promettait-on, allait précipiter l'économie britannique dans le chaos. Les experts défilaient sur les plateaux, certains de leur fait. Résultat ? Voilà que le FMI salue la résilience de l'économie britannique, que la croissance y est revue à la hausse, que le chômage recule et que le déficit se résorbe.
Force est de constater que la France, elle, fait exactement le chemin inverse. Notre déficit public flirte toujours avec les 5% du PIB. Notre dette dépasse les 3 200 milliards d'euros. Notre chômage des jeunes repart à la hausse, y compris pour les diplômés des grandes écoles qui, faute de perspectives dans le privé, se ruent désormais vers la fonction publique et la défense nationale. C'est un signal d'alarme que personne ne veut entendre : quand les meilleurs talents d'une génération fuient le secteur productif pour chercher la sécurité de l'emploi dans l'État, c'est que quelque chose est profondément cassé dans notre modèle.
La Grande-Bretagne a choisi la voie de la rigueur budgétaire combinée à une simplification réglementaire. Ça fait mal à court terme, ça porte ses fruits ensuite. Nous, nous avons choisi la dépense publique permanente. Et nous en payons le prix.
L'illusion espagnole se dissipe aussi
La gauche française adore citer l'Espagne en exemple. La hausse spectaculaire du salaire minimum à Madrid, le dynamisme apparent de l'économie ibérique... Sauf que Le Monde lui-même, pourtant peu suspect de libéralisme forcené, reconnaît désormais les limites du modèle espagnol : la croissance ne profite pas à tous, et le pouvoir d'achat d'une partie des travailleurs continue de reculer malgré les annonces triomphantes.
Je pense que c'est une leçon universelle que nos décideurs refusent d'intégrer : décréter par la loi que les salaires augmentent ne crée pas de richesse. Cela redistribue — parfois — mais surtout cela détruit des emplois peu qualifiés, accélère l'automatisation et fragilise les entreprises les plus exposées à la concurrence internationale. Le salaire minimum est un outil politique avant d'être un outil économique. Et la politique, ça ne rembourse pas les dettes.
Pendant ce temps, Decathlon et CMA CGM installent leurs structures en Suisse. Ce n'est pas un hasard, ce n'est pas une trahison : c'est une réponse rationnelle à une fiscalité devenue confiscatoire et à une administration dont la complexité décourage les meilleures volontés.
Arrêtons de nous mentir
L'inflation, nous dit-on, est là pour durer. Les tensions géopolitiques, les ruptures de chaînes d'approvisionnement, la transition énergétique : autant de facteurs structurels qui pousseront les prix à la hausse pour des années. Dans ce contexte, maintenir un État obèse financé par la dette revient à vendre l'avenir de nos enfants pour acheter la paix sociale aujourd'hui.
Je ne demande pas l'impossible. Je demande le raisonnable : baisser les charges sur le travail, supprimer les doublons administratifs, réformer sérieusement la dépense publique. Pas pour punir les Français, mais pour leur rendre les moyens de vivre et d'entreprendre librement.
Le Royaume-Uni a choisi. L'Allemagne, malgré ses difficultés, se réforme. La Suisse, les Pays-Bas restent des terres d'attractivité. La France, elle, organise des procès contre des évadés fiscaux en espérant que ça suffira à boucher le tonneau des Danaïdes. Ça ne suffira pas.

