Le baril de Brent passe sous les 100 dollars pour la première fois depuis octobre 2026, chutant à 93,83 dollars le 5 novembre après une débâcle électorale républicaine. Cette baisse de 8 à 9% en 48 heures reflète l’espoir des marchés d’une désescalade diplomatique avec l’Iran, dont le blocus du Détroit d’Ormuz depuis février a fait flamber les prix et coûté les midterms à Donald Trump.
Pétrole sous 100 dollars : la débâcle électorale de Trump fait plonger les cours

Le baril de Brent est tombé sous les 100 dollars le 5 novembre 2026 : une chute de 8 à 9% en deux jours qui n'est pas une simple correction boursière, mais le reflet d'un bouleversement politique majeur aux États-Unis dont vous allez ressentir les effets sur vos factures. Après la victoire sans appel des démocrates aux élections législatives de mi-mandat du 4 novembre, les marchés anticipent une désescalade diplomatique avec l'Iran et une fin du conflit qui fait flamber l'énergie depuis février.
Le baril de Brent passe sous les 100 dollars
À 5h35 ce jeudi 5 novembre, le Brent s'affiche à 93,83 dollars, tandis que le WTI américain recule à 86,92 dollars. La veille, vers 16h50 GMT, les cours avaient déjà plongé de 8,98% pour le Brent et 7,93% pour le WTI. Depuis vendredi dernier, le Brent accuse une perte cumulée de 19,7%, soit la plus forte baisse hebdomadaire depuis le début de la guerre contre l'Iran. Pour les ménages français, cette correction brutale annonce un répit potentiel après huit mois d'inflation énergétique galopante. Le prix du gaz naturel européen suit la même trajectoire : le TTF néerlandais, référence continentale, dégringole de 104,35 euros le mégawattheure vendredi à environ 86-88 euros mercredi.
Pourquoi les élections américaines du 4 novembre ont déclenché ce krach pétrolier
Les investisseurs parient sur un changement radical de politique étrangère. Le nouveau Congrès démocrate, qui prendra ses fonctions en janvier 2027, dispose d'un levier puissant : le contrôle budgétaire. Selon Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote, « le nouveau Congrès pourrait utiliser son influence sur les dépenses pour contester des financements militaires supplémentaires et accroître la pression en faveur d'une solution diplomatique une fois qu'il prendra ses fonctions en janvier ». Les traders anticipent donc une limitation des crédits de guerre et une obligation pour Donald Trump de négocier avec Téhéran. Le marché pétrolier, qui avait intégré une prime de risque géopolitique massive depuis le blocus du Détroit d'Ormuz, évacue désormais cette prime à vitesse grand V.
La guerre contre l'Iran : la vraie raison du revers républicain
Huit mois de blocus du Détroit d'Ormuz : comment Trump a perdu les midterms
Depuis février 2026, l'Iran bloque le Détroit d'Ormuz, perturbant l'approvisionnement énergétique mondial. Résultat : le diesel atteint des sommets historiques aux États-Unis, avec des stocks au plus bas depuis 2003 selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA). Les agriculteurs américains, grands consommateurs de carburant pour leurs tracteurs et leurs récoltes, ont vu leurs coûts exploser. Le plein d'essence des ménages a grimpé en flèche. Donald Trump a lui-même reconnu que la guerre et la hausse des prix du pétrole ont contribué aux mauvais résultats électoraux de son camp. Les électeurs américains ont sanctionné une politique belliciste qui frappait directement leur pouvoir d'achat.
JD Vance l'avoue : « La raison de notre défaite est la guerre »
Le vice-président américain JD Vance, possible candidat républicain pour 2028, n'a pas mâché ses mots sur les réseaux sociaux : « The reason we lost is the war. The president himself said so last night » (« La raison de notre défaite est la guerre. Le président lui-même l'a dit hier soir »). Un aveu rare en pleine nuit électorale. Mohammad Bagher Ghalibaf, négociateur en chef iranien, a salué le message des électeurs : « Par conscience ou à cause du coût de la vie, les Américains ont dit NON À LA GUERRE, et nous approuvons ce message ». Chuck Schumer, chef des démocrates au Sénat, et Hakeem Jeffries, futur Speaker de la Chambre, ont immédiatement exigé un arrêt du conflit. Trump se retrouve pris en étau entre son instinct belliciste et une pression politique croissante.
Conséquences pour votre portefeuille : à quand la baisse à la pompe ?
La chute du Brent ne se répercute jamais instantanément sur les prix affichés en station. Les distributeurs appliquent généralement un délai de deux à quatre semaines, le temps que les stocks existants se renouvellent et que les raffineries répercutent la baisse. Pour les ménages français, l'impact sur le budget carburant pourrait se faire sentir d'ici fin novembre, à condition que les cours restent stables sous les 95 dollars. Un baril à 93 dollars contre 110 dollars il y a une semaine représente une économie potentielle de 10 à 15 centimes par litre à la pompe, soit environ 7 euros d'économie sur un plein de 50 litres. Toutefois, les taxes représentent plus de 60% du prix final en France, ce qui limite l'effet de la baisse brute du pétrole.
Gaz naturel européen : le TTF recule aussi, bonne nouvelle pour l'hiver
La détente sur le gaz naturel constitue une excellente nouvelle pour les factures de chauffage. Le TTF néerlandais perd près de 18 euros le mégawattheure en cinq jours, passant de 104,35 euros vendredi à 86-88 euros mercredi. Pour un ménage français se chauffant au gaz, cette baisse pourrait alléger la facture hivernale de 10 à 15% si les cours se stabilisent à ce niveau. Les fournisseurs d'énergie répercutent généralement ces variations avec un décalage d'un à deux mois. La perspective d'une désescalade au Moyen-Orient rassure également les marchés européens, très dépendants des importations de gaz naturel liquéfié qui transitent par des zones géopolitiquement sensibles.
Le Congrès démocrate peut-il imposer une sortie de crise avant janvier 2027 ?
Le calendrier politique américain offre une fenêtre de négociation étroite mais réelle. Le nouveau Congrès prend ses fonctions début janvier 2027. D'ici là, Trump conserve théoriquement les mains libres, mais sa marge de manœuvre politique s'est effondrée. Les démocrates disposent désormais du pouvoir de bloquer tout financement militaire supplémentaire pour le conflit iranien. Les réserves commerciales de pétrole brut américaines ont déjà diminué de 900 000 barils la semaine dernière selon l'EIA, signe que les stocks stratégiques s'épuisent. Trump pourrait choisir l'escalade militaire dans un dernier baroud d'honneur, mais le coût politique serait immense à deux ans de la présidentielle de 2028. Les marchés parient sur la raison : une négociation diplomatique début 2027 permettrait de rouvrir le Détroit d'Ormuz et de stabiliser durablement les cours énergétiques