Krach boursier de l’IA : 2 500 milliards de dollars envolés en une séance, Nvidia perd près de 1 400 milliards en un mois

La déroute des valeurs de l’intelligence artificielle prend des proportions historiques. Jeudi 5 novembre 2026, le Nasdaq 100 a abandonné 6,36 %, effaçant 2 500 milliards de dollars de capitalisation boursière. Nvidia, AMD, Micron et Broadcom ont subi des pertes spectaculaires. La panique gagne les marchés asiatiques.

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Par Publié le 6 novembre 2026 à 9h10
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Krach boursier de l’IA : 2 500 milliards de dollars envolés en une séance, Nvidia perd près de 1 400 milliards en un mois - © Economie Matin

La déroute des valeurs de l'intelligence artificielle prend des proportions historiques. Jeudi 5 novembre 2026, le Nasdaq 100 a abandonné 6,36 %, effaçant 2 500 milliards de dollars de capitalisation boursière. Nvidia, AMD, Micron et Broadcom ont subi des pertes spectaculaires. La panique gagne désormais les marchés asiatiques et les investisseurs redoutent une correction beaucoup plus profonde.

Wall Street vient de connaître l'une de ses séances les plus violentes depuis le krach provoqué par les droits de douane américains d'avril 2025. À la clôture du jeudi 5 novembre, le Nasdaq Composite a plongé de 5,52 %, à 24 315 points, soit une perte de 1 421,51 points en une journée. Le Nasdaq 100, qui rassemble les principales capitalisations non financières de la Bourse américaine, a fait encore pire avec un effondrement de 6,36 %.

Selon les calculs de Reuters, cette seule séance a fait disparaître environ 2 500 milliards de dollars de valorisation du Nasdaq 100.

Le mouvement a largement dépassé le secteur technologique. Le S&P 500 a chuté de 4,36 %, à 7 353,73 points, abandonnant 334,89 points. Le Dow Jones a perdu 1 833,06 points, soit 3,44 %, pour terminer à 51 523,06 points. Les petites capitalisations n'ont pas échappé à la débâcle : le Russell 2000 a reculé de 4,45 %, à 2 729,75 points.

Au total, près de 3 000 milliards de dollars de capitalisation ont été effacés des entreprises du S&P 500, selon Reuters. Ce montant recoupe en grande partie les pertes du Nasdaq 100 : il ne doit donc pas être additionné aux 2 500 milliards de dollars enregistrés par l'indice technologique.

L'indice VIX, qui mesure les anticipations de volatilité sur les actions américaines, a enregistré sa plus forte progression depuis décembre 2024. Le mouvement reflète une brusque montée de l'aversion au risque, après des mois d'optimisme alimenté par l'intelligence artificielle.

Nvidia perd près de 450 milliards de dollars en une journée et 1 400 milliards depuis octobre

Le symbole de cette panique est Nvidia. Le fabricant de processeurs destinés à l'intelligence artificielle a vu son action s'effondrer de 9,26 % jeudi 5 novembre, pour terminer à 181,60 dollars, contre 200,13 dollars la veille.

En une seule séance, le groupe a perdu environ 448 milliards de dollars de capitalisation boursière. Sa valorisation est passée de 4 833 milliards à 4 385 milliards de dollars.

Le décrochage est encore plus spectaculaire depuis le sommet du 6 octobre 2026. À cette date, Nvidia valait environ 5 777 milliards de dollars en Bourse. Un mois plus tard, près de 1 392 milliards de dollars de capitalisation ont disparu, soit une dépréciation d'environ 24 %.

La pression vendeuse est également visible dans les volumes. Selon les données historiques de Yahoo Finance, environ 300 millions d'actions Nvidia ont changé de mains le 5 novembre, contre 149 millions la veille. Les échanges ont donc approximativement doublé, signe d'une accélération brutale des ventes.

Le carnage s'étend à l'ensemble des fabricants de semi-conducteurs. AMD a perdu 17,26 %, Micron Technology 17,46 % et Broadcom 10,43 %. Intel a également subi une lourde correction, supérieure à 10 %.

L'indice Philadelphia Semiconductor, référence boursière du secteur des puces électroniques, a plongé de 12,2 %, enregistrant sa deuxième plus forte baisse historique et touchant son plus bas niveau depuis plus de six mois.

Les Sept Magnifiques, ces géants américains qui ont longtemps soutenu la hausse de Wall Street, ont collectivement perdu environ 800 milliards de dollars de capitalisation lors de la séance, selon les estimations rapportées par l'AFP. Microsoft a abandonné 3,58 %, tandis qu'Amazon et Alphabet ont chacun reculé d'environ 2,2 %.

La correction ne concerne donc plus seulement les entreprises spéculatives de l'IA. Elle frappe désormais les plus grandes capitalisations mondiales, dont le poids considérable dans les indices américains amplifie mécaniquement les pertes de l'ensemble du marché.

Le marché du crédit commence lui aussi à envoyer des signaux inquiétants

Les entreprises spécialisées dans les infrastructures de calcul, parfois appelées neoclouds, figurent parmi les victimes les plus fragilisées du krach.

CoreWeave, qui développe des capacités informatiques destinées aux applications d'intelligence artificielle, a chuté de 9,83 % le 5 novembre. Nebius a perdu 14,94 % et IREN 16,95 %. Depuis le sommet du Nasdaq début octobre, CoreWeave et Nebius ont chacune abandonné au moins la moitié de leur valeur en Bourse.

Le danger dépasse désormais le seul cours des actions.

Selon Reuters, qui cite les données de S&P Global Market Intelligence, les spreads des contrats d'assurance contre un défaut de paiement de CoreWeave, appelés CDS, ont atteint un record de 1 267,9 points de base sur cinq ans.

Ce niveau traduit un coût particulièrement élevé pour se protéger contre un éventuel défaut de l'entreprise. Il ne signifie pas que CoreWeave est en défaut, mais révèle une défiance croissante des investisseurs obligataires à l'égard de son risque de crédit.

Même Intel a vu ses CDS à cinq ans atteindre un sommet de 149,7 points de base.

Ces tensions sont particulièrement préoccupantes pour les sociétés dont le développement repose sur des financements importants et des investissements continus dans les centres de données. La baisse de leur capitalisation complique potentiellement les futures levées de fonds, tandis que le renchérissement de la dette peut peser sur leur rentabilité.

Le rendement des obligations américaines à dix ans se situait encore autour de 4,84 % jeudi 5 novembre, malgré un repli durant la séance. Des conditions de financement qui restent exigeantes pour des projets industriels nécessitant des dizaines de milliards de dollars.

La sanction a également touché les entreprises énergétiques exposées aux centres de données : GE Vernova a chuté de 7,4 % et Constellation Energy de 2,5 %.

Les élections américaines font vaciller les centaines de milliards investis dans l'IA

La victoire des démocrates aux élections américaines de mi-mandat du 3 novembre a précipité le retournement des marchés. Les investisseurs redoutent un durcissement des règles encadrant la construction des centres de données, notamment dans les États et collectivités où ces projets suscitent une opposition croissante.

Plusieurs candidats démocrates ont fait campagne contre la multiplication des installations, particulièrement gourmandes en électricité et en eau. Des électeurs américains ont également approuvé des restrictions locales sur de nouveaux projets.

Pour les fabricants de processeurs et les fournisseurs d'équipements, les conséquences potentielles sont considérables. Chaque report de centre de données peut repousser des commandes de puces, de serveurs, de mémoire informatique, de systèmes électriques et de refroidissement.

Selon les analystes d'UBS, environ 30 % des nouvelles capacités de centres de données attendues aux États-Unis en 2028 pourraient être exposées à des risques de suspension des constructions.

Cette estimation ne signifie pas que près d'un tiers des projets sera effectivement annulé. Mais elle remet en question les prévisions de croissance sur lesquelles reposent les valorisations de nombreuses entreprises technologiques.

La correction intervient également après plusieurs mois d'interrogations sur les dépenses massives des géants du numérique. Les sommes engagées dans l'intelligence artificielle se chiffrent en centaines de milliards de dollars, alors que les investisseurs peinent encore à mesurer la rentabilité future de certaines infrastructures.

Le Nasdaq Composite a désormais abandonné près de 12 % depuis son record du 6 octobre 2026. L'indice est entré en territoire de correction boursière, un seuil généralement fixé à une baisse d'au moins 10 % par rapport à un sommet récent.

Le krach se propage à l'Asie et aux fabricants européens de semi-conducteurs

La déroute américaine s'est immédiatement transmise aux marchés asiatiques vendredi 6 novembre.

Au Japon, l'indice Nikkei a terminé en baisse d'environ 6 %, à 57 434,77 points. En Corée du Sud, le Kospi a perdu 6,02 %, à 5 059,69 points. En séance, l'indice sud-coréen avait même décroché de près de 9 %, provoquant l'activation d'un mécanisme de suspension des échanges pendant vingt minutes.

Les deux géants sud-coréens des mémoires informatiques ont été sévèrement touchés : Samsung Electronics a terminé en baisse de 6,4 % et SK Hynix de 10,4 %, selon Reuters.

À Taïwan, le principal indice boursier a également plongé, entraîné par TSMC, fournisseur majeur de puces avancées pour les groupes américains.

L'Europe n'est pas épargnée. Dès jeudi 5 novembre, STMicroelectronics a abandonné 9,33 % à Paris, Infineon 8,63 % à Francfort et ASML 6,55 % à Amsterdam. Ces trois entreprises occupent des positions importantes dans la chaîne mondiale de fabrication des semi-conducteurs.

La propagation des ventes montre à quel point les marchés financiers sont devenus dépendants de la demande mondiale en infrastructures d'intelligence artificielle.

Le retournement pourrait être particulièrement déstabilisant pour les entreprises qui avaient bénéficié de fortes hausses boursières et dont les perspectives de croissance reposent sur la poursuite d'investissements massifs.

Le 2 novembre, avant même le krach, la Banque centrale européenne avait déjà alerté sur les valorisations élevées des actions liées à l'IA, ainsi que sur les risques de pertes pour les fonds d'investissement exposés à ces titres.

La prochaine échéance majeure sera la publication des résultats trimestriels de Nvidia, prévue le 17 novembre 2026. Les investisseurs surveilleront particulièrement l'évolution des commandes de processeurs, les perspectives de dépenses des grands opérateurs de centres de données et les prévisions de croissance.

Après la disparition de plusieurs milliers de milliards de dollars de capitalisation, un ralentissement supplémentaire des investissements ou des perspectives décevantes pourrait accentuer la correction. À l'inverse, des résultats solides pourraient contribuer à stabiliser les cours.

Pour l'heure, les marchés ne remettent plus seulement en cause les valorisations de quelques entreprises : ils s'interrogent désormais sur la capacité de toute l'industrie de l'intelligence artificielle à justifier les sommes colossales investies depuis plusieurs années.

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La Fédération des centres de gestion agréés (FCGA) regroupe près de 300 000 petites entreprises (TPE) et 103 Centres de Gestion Agréés (CGA). 50 % des TPE imposées au BIC sont adhérentes à un CGA.

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