Prix courants et prix constants : définition et calcul avec exemples

Un montant à prix courants utilise les prix de la période observée. Un montant à prix constants corrige l’effet de leur variation par rapport à une référence. La première lecture est dite nominale ; la seconde permet de raisonner en termes réels. Cette distinction aide à interpréter une hausse de revenu, de dépense ou de production.

Pourquoi corriger l’effet des prix ?

Supposons qu’un même panier coûte 100 euros une année et 110 euros l’année suivante. Dépenser 110 euros la seconde année permet seulement de racheter le même panier. La dépense augmente de 10 %, sans augmentation de la quantité achetée. C’est le problème que permet d’éclairer la distinction entre prix courants et prix constants définie par l’Insee.

La bonne question dépend donc de l’usage du chiffre. Pour connaître une facture effectivement payée, le montant courant est pertinent. Pour comparer ce qu’un budget permet d’acheter à deux dates, il faut aussi regarder l’évolution des prix correspondants.

Exemple :
une hausse de 6 % devient une hausse réelle de 0,95 %

Voici une simulation, sans lien avec un salaire ou une année réelle. Un revenu annuel passe de 30 000 à 31 800 euros. On suppose que l’indice de prix adapté à la comparaison passe de 100 à 105.

Exemple pédagogique fictif
Calcul Résultat
Variation du revenu en euros courants (31 800 ÷ 30 000 − 1) × 100 = 6 %
Revenu final aux prix de l’année de départ 31 800 ÷ 1,05 = 30 285,71 €
Variation réelle (1,06 ÷ 1,05 − 1) × 100 ≈ 0,95 %

Soustraire 5 à 6 donne une approximation de 1 point. Le calcul exact repose sur un rapport et donne environ 0,95 %. L’écart est faible ici ; il peut devenir plus visible lorsque les variations sont importantes.

La formule pour convertir un montant

Montant aux prix de la période de référence = montant courant × indice de la période de référence ÷ indice de la période observée.

Dans l’exemple précédent, le rapport est 100 ÷ 105. Si l’indice de référence n’était pas 100, il faudrait conserver sa valeur au numérateur. Écrire systématiquement « diviser par l’indice puis multiplier par 100 » sans vérifier la référence peut donc produire une erreur.

Quel indice choisir ?

Il faut un indice cohérent avec ce que l’on cherche à comparer. L’indice des prix à la consommation concerne les prix des biens et services consommés par les ménages. Un déflateur permet, pour un agrégat donné, de relier sa valeur à son volume. Le déflateur du PIB et l’indice des prix à la consommation ne portent pas sur le même ensemble.

Exemple de contrôle utile : si un tableau porte sur la production de toute l’économie, ne remplacez pas spontanément son indicateur de prix par celui d’un panier de consommation. Commencez par lire la note méthodologique du tableau.

Trois erreurs à éviter

  • Confondre une base et une hausse : un indice de 105 ne signifie une hausse de 5 % que par rapport à un point de comparaison à 100.
  • Mélanger les périodes : une moyenne annuelle et une variation entre deux mois précis ne répondent pas à la même question.
  • Comparer des montants de nature différente : corriger les prix ne rend pas automatiquement comparables un revenu brut et un revenu net, ou un budget total et un budget par personne.

Comment lire un chiffre de croissance ?

Face à une annonce sur le PIB, cherchez les mentions « en valeur » ou « en volume », ainsi que la période de comparaison. Pour comprendre l’origine de l’augmentation des prix, vous pouvez aussi lire notre dossier sur les mécanismes de l’inflation.

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Fiche pédagogique publiée le 6 novembre 2026. Sources consultées : Insee, liens ci-dessus. Tous les montants et indices des exemples sont fictifs. Les résultats sont arrondis à deux décimales.