Immigration aux États-Unis : un gain économique de 13 000 milliards d’euros

Longtemps réduite à un sujet politique ou identitaire, l’immigration constitue aussi un fait économique majeur aux États-Unis. De récentes études montrent que, loin de peser sur les finances publiques, l’immigration génère depuis plusieurs décennies des gains économiques considérables, tant pour les comptes publics que pour la croissance et la productivité américaines.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 5 février 2026 14h13
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55%55 % des start-ups américaines valorisées à plus d’un milliard de dollars ont été fondées ou cofondées par des immigrés.

Selon les conclusions d’une nouvelle étude consacrée à l’impact économique de l’immigration aux États-Unis couvrant la période 1994-2023, l’immigration aurait produit un excédent budgétaire et macroéconomique massif. Ces résultats s’inscrivent dans une littérature déjà fournie, qui analyse depuis plusieurs années la contribution réelle de l’immigration à l’économie américaine.

Une contribution budgétaire nette de l’immigration aux États-Unis

L’un des apports les plus marquants de l’immigration aux États-Unis concerne les finances publiques. Selon une étude publiée le 3 février 2026 par le Cato Institute, think tank libertarien et plutôt orienté à droite, les immigrés et leurs descendants ont généré un excédent fiscal cumulé de 14 500 milliards de dollars entre 1994 et 2023, soit environ 13 000 milliards d’euros sur trente ans. Cette estimation repose sur la comparaison entre les impôts acquittés par les populations immigrées et les dépenses publiques qui leur sont attribuées.

L’étude souligne que l’immigration aux États-Unis a également permis de limiter le recours à l’endettement public. En conséquence, les économies réalisées sur les intérêts de la dette fédérale représentent une part significative de ce gain total. Selon les auteurs, près de 3 900 milliards de dollars du surplus correspondent uniquement à des intérêts non versés, soit environ 3 500 milliards d’euros.

Immigration aux États-Unis et marché du travail : un moteur économique

L’immigration aux États-Unis joue un rôle structurant sur le marché du travail. Contrairement à certaines idées reçues, de nombreuses études montrent que l’immigration n’entraîne pas de baisse généralisée des salaires des travailleurs nés aux États-Unis. Au contraire, l’immigration contribue souvent à une meilleure allocation des compétences. Les immigrés occupent des emplois complémentaires, permettant aux travailleurs natifs de se positionner sur des fonctions plus qualifiées, ce qui soutient la productivité globale.

Selon un rapport de la Réserve fédérale de Dallas, les flux migratoires ont un effet neutre ou légèrement positif sur les revenus moyens à long terme. Les économistes soulignent que l’immigration aux États-Unis accroît la taille de la population active, favorise la consommation intérieure et stimule l’investissement.

Par ailleurs, l’immigration aux États-Unis constitue un levier essentiel dans plusieurs secteurs en tension. L’agriculture, la construction, la restauration ou encore les services à la personne dépendent fortement d’une main-d’œuvre immigrée. Sans ces apports, de nombreux secteurs feraient face à des pénuries de travailleurs, freinant l’activité économique et augmentant les coûts de production, selon le Bureau of Labor Statistics.

Innovation, entrepreneuriat et effets à long terme de l’immigration aux États-Unis

Les gains économiques de l’immigration aux États-Unis se manifestent également par l’innovation et l’entrepreneuriat. Les immigrés sont surreprésentés parmi les créateurs d’entreprises, notamment dans les secteurs technologiques. Selon une étude de la National Foundation for American Policy, près de 55 % des start-ups américaines valorisées à plus d’un milliard de dollars ont été fondées ou cofondées par des immigrés. Cette dynamique alimente la création d’emplois qualifiés et renforce la compétitivité internationale de l’économie américaine.

Les effets positifs de l’immigration aux États-Unis se renforcent encore sur le long terme, notamment grâce à la deuxième génération. Les enfants d’immigrés, nés sur le sol américain, affichent en moyenne des niveaux d’éducation et de revenus comparables, voire supérieurs, à ceux de la population générale. Selon les National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine, leur contribution fiscale nette devient fortement positive au cours de la vie active, compensant largement les coûts initiaux liés à l’éducation ou à la santé.

Cette perspective intergénérationnelle est centrale pour comprendre l’impact réel de l’immigration aux États-Unis. Si certains coûts sont concentrés à court terme, notamment pour les collectivités locales, les bénéfices économiques s’accumulent sur plusieurs décennies. Les économistes insistent sur le fait que l’immigration contribue à élargir durablement la base fiscale, à soutenir l’innovation et à amortir les effets du vieillissement démographique.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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