L’aéroport de Toulouse-Blagnac aux mains de la Chine : erreur ou opportunité ?

Par Olivier Sancerre Modifié le 5 décembre 2014 à 6h17

L'aéroport de Toulouse-Blagnac reste aux mains des collectivités locales et de l'État, mais… tout juste. Emmanuel Macron, le ministre de l'Économie, a annoncé la vente de 49,9% des parts de l'aéroport à un consortium composé du canadien SNC-Lavalin et douchions Symbiose.

Pas de privatisation

« Il ne s'agit pas d'une privatisation mais bien d'une ouverture de capital dans laquelle les collectivités locales et l'Etat restent majoritaires avec 50,01 % du capital », a tenté de rassurer le ministre de l'Économie dans la Dépêche du Midi. De fait, les pistes et les bâtiments restent propriété de l'État, qui souhaite conserver les 10,01% de participation qui lui resteront dans l'affaire.

Évidemment, les réserves et les réactions sont fortes suite à cette annonce. Emmanuel Macron a une réponse toute faite : « Ceux qui, à Toulouse, sont attachés à l'emploi et au succès d'Airbus, de réfléchir à deux fois aux propos qu'ils tiennent. Notre pays doit rester attractif car c'est bon pour la croissance et donc l'emploi ».

Une erreur ?

Malgré tout, « c'est une erreur, une faute lourde », a estimé Jean-Louis Chauzy, le président du Conseil économique, social et environnemental de la région Midi-Pyrénées. Pour Manie-Noëlle Lienemann, sénatrice socialiste, les aéroports doivent rester publics. « Macron se croit en Grèce », a t-elle asséné sur Twitter. L'État « n'avait pas à vendre ses parts », assure de son côté Bernard Keller, maire de Blagnac.

Autant dire que cette vente d'une partie des biens de l'État dans l'aéroport de Toulouse-Blagnac est loin de faire l'unanimité. Cependant, le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc s'est félicité des garanties obtenues par le gouvernement dans ce dossier. Et on rappelle que l'objectif de Symbiose est de faire passer le nombre de voyageurs de 7,5 millions à 20 millions par an. Les touristes chinois pourraient être un des vecteurs de croissance de l'aéroport.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.