Les agriculteurs désespérés assiègent Paris, début d’une révolution ?

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 3 septembre 2015 à 7h16
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2500Pas moins de 2 500 policiers et CRS sont déployés à Paris pour la manifestation des agriculteurs.

C'est un véritable siège de Paris qui se joue ce jeudi 3 septembre 2015 avec des agriculteurs en colère qui comptent converger des quatre coins de France vers la capitale. Du Nord, du Sud, de l'Est et de l'Ouest plus d'un millier de tracteurs vont bloquer les principaux axes routiers avant de se retrouver place de la Nation, bloquant dans la foulée la circulation à l'intérieur de la ville. Mais ce qui a l'air d'être une classique manifestation prend des proportions de guerre civile à en croire les forces de l'ordre.

Tracteurs vs CRS : le clash des titans

Les forces de l'ordre, mécontentes, ont prévu le coup : pas moins de 14 unités de CRS ont convergé sur la ville de Paris pour protéger les accès car la préfecture ne veut pas que les tracteurs réussissent à entrer. Mais avec plus de 20 points d'accès, répartis le long du périphérique, il semble impossible de les arrêter.

Les autorités vont donc concentrer leurs efforts pour bloquer les tracteurs dès les autoroutes pour les empêcher d'arriver sur le périphérique ce qui provoquerait un chaos général. Déjà rempli d'embouteillages en temps normal, les franciliens le prenant pour se rendre au travail, l'idée d'y voir circuler des tracteurs et des agriculteurs en colère ne réjouit personne.

Et les autorités n'ont pas beaucoup d'espoirs d'arriver à leurs fins : la seule solution semble rester la répression.

Pas "encore" le moment de sortir les chars d'assaut

Les effectifs déployés pour la journée en protection aussi des lieux stratégiques du pouvoir tels que l'Elysée, le Parlement ou encore Matignon, seraient grosso modo au nombre de 2500 tous services confondus. Avec de gros moyens.

Camions citernes remplis de produit lacrymogène, barres-ponts, effectifs à pieds... tous se préparent pour cette journée qui se déroulera sous le signe des tensions. Car les CRS ne sont pas dupes : "il faut du lourd" assure un officier qui estime possible que les tracteurs vont décider de leur rentrer dedans. Et ils peuvent "tout défoncer".

Mais contrairement à 1992, les chars, donc l'armée en elle-même, n'a pas été déployée. Pas cette fois...

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio