Air France : tentatives de lynchage pour plusieurs dirigeants lors du comité d’entreprise

Par Olivier Sancerre Modifié le 5 octobre 2015 à 19h20
Shutterstock 226914532
2 9002 900 postes en tout pourraient être supprimés dans les prochaines années chez Air France.

Violences physiques, menaces de lynchage, humiliations publiques : on avait rarement vu une telle ambiance délétère durant un comité d'entreprise. Celui qui s'est tenu ce lundi 5 octobre à Air France a été particulièrement houleux et plusieurs dirigeants ont fait les frais de la haute tension qui y régnait.

Le directeur des ressources humaines Xavier Broseta, ainsi que Pierre Plissonnier, responsable de l'activité long-courrier, ont été physiquement agressés par une poignée de salariés. Xavier Broseta en particulier a « manqué de se faire lyncher », rapporte un syndicaliste à l'AFP. Les deux hommes s'en sont heureusement tiré en perdant leur chemise dans les escarmouches.

Choqué

Le DRH s'est déclaré « choqué et déçu » par l'attitude de cette foule en colère, mais il est magnanime et ne veut pas porter l'opprobre sur tout le personnel. Les responsables politiques n'ont pas tardé à réagir. Manuel Valls, tout à son voyage au Japon, se dit « scandalisé par les violences inacceptables auxquelles se sont livrés des manifestants en marge du CCE d'Air France. Il exprime tout son soutien à la direction d'Air France, à Frédéric Gagey (président, NDLR) et à Xavier Broseta, agressés physiquement lors de la séance ».

Air France réfléchit de son côté au dépôt d'une plainte, sans donner les noms des responsables visés. Toutefois, la direction de la compagnie aérienne « reste disponible à tout moment pour reprendre les négociations avec les syndicats », indique le groupe. C'est que la potion est amère pour les salariés.

Plan B

Ce plan alternatif fait suite à l'échec des négociations avec les pilotes. Il identifie un sureffectif de 1 700 personnels au sol, 900 hôtesses et stewards, ainsi que 300 pilotes. Entre 2012 et 2014, Air France avait déjà procédé à 2 200 suppressions de postes. C'est en particulier l'activité long courrier qui est à terme la plus menacée : cinq avions quitteraient la flotte (composée de 107 avions) l'année prochaine, puis neuf autres en 2017.

Un plan de départs volontaires est également mis en place et si cela ne suffisait pas, Air France est prêt aux licenciements secs, ce qui serait une première malheureuse pour l'entreprise. À moins bien sûr que les syndicats de pilotes reviennent à la table des négociations : la direction d'Air France demande, entre autres, un effort d'une centaine d'heures de vols supplémentaires chaque année à rémunération constante.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.