Apple accusé de ne pas payer assez d’impôts

Par Olivier Sancerre Modifié le 22 décembre 2015 à 2h52
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200 MILLIARDSApple possède 200 milliards de dollars en dehors des États-Unis.

Quand il s’agit de qualifier la politique américaine en matière d’impôts, Tim Cook le patron d’Apple n’a pas de mots assez forts. Lors d’une interview télévisée, ce dernier estime tout simplement qu’il s’agit de « conneries politiques ».

Il est très rare de voir Tim Cook s’emporter de la sorte. Le sujet est donc particulièrement épineux, en particulier en cette période où les primaires battent leur plein. C’est durant la fameuse émission 60 Minutes de CBS que le PDG d’Apple a vertement répondu à tous ceux qui accusent l’entreprise de procéder à de « l’optimisation fiscale », ce que beaucoup d’observateurs estiment être de l’évitement, voire… de la fraude fiscale.

Impôts

« Apple paie ses impôts jusqu’au dernier dollar », a-t-il assuré à son intervieweur. Et il est impossible de dire le contraire : l’entreprise règle effectivement ce qu’elle doit au fisc américain chaque année rubis sur l’ongle. Le seul hic, c’est qu’Apple, comme toutes les multinationales avant elles, procède à de complexes montages financiers pour « éviter » de trop déclarer.

Le créateur de l’iPhone fait transiter une grande partie de son argent par des pays où la fiscalité est plus douce, comme en Irlande ou dans des paradis fiscaux peu scrupuleux. Rien d’illégal dans ces opérations, mais la si vertueuse entreprise dans d’autres domaines (environnement, diversité, droit du travail…) est aussi un champion de l’optimisation fiscale. À l’heure où les finances des pays sont exsangues, ce genre de pratiques est de moins en moins toléré.

60 milliards

Rien que pour les États-Unis, Apple aurait ainsi escamoté, en toute légalité, 60 milliards de dollars au fisc US uniquement pour l’an dernier, rappelle l’association Citizens for Tax Justice. Tim Cook ne veut cependant pas autre chose que rapatrier l’énorme trésor de guerre du groupe — 200 milliards de dollars — aux États-Unis. Mais pas dans les conditions actuelles, qui l’obligerait à acquitter une taxe de 40% sur cette somme.

Le PDG d’Apple en appelle donc à une révision du code des impôts sur les entreprises, un système « conçu pour l’ère industrielle, pas l’ère du numérique ». Une modification qui n’aura sans doute pas lieu en 2016, année d’élections…

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.