Défense : impossible de supprimer 24 000 postes sans fermer de bases militaires

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Par Jean-Baptiste Le Roux Modifié le 11 juin 2013 à 5h01

Il s'agit là du dilemme cornélien de François Hollande. Il voudrait supprimer des postes au sein des armées françaises, mais sans dissoudre aucun régiment ni base aérienne. Une impossibilité mathématique, voire un vrai casse-tête pour le chef des armées.

Le Livre blanc et la suppression de 24 000 postes

Ainsi l'armée verra 24 000 de ses effectifs être supprimés entre 2016 et 2019. C'est ce qu'a indiqué François Hollande lors de son discours devant les autorités de l'IHEDN, l'Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale. La conséquence d'un livre blanc fort décrié dans le monde militaire, et pour cause.

François Hollande ne veut pas fermer de sites militaires


Cependant François Hollande a également affirmé, au cours de ce même discours, que ces suppressions de postes se feraient sans fermer aucun site militaire. Il est vrai que les autorités militaires, et les observateurs de la chose militaire n'ont en revanche pas bien compris. Il ne s'agit en aucun cas d'une manoeuvre politicienne, ni d'une improvisation du chef de l'Etat. Tout cela était bien écrit dans son discours.

Une équation impossible à résoudre pour le ministère de la Défense


Le problème c'est que personne aujourd'hui ne voit comment supprimer 24 000 postes sans fermer les portes de certaines bases. Evidemment, il faut analyser le discours du président de la République à travers le prisme des municipales de 2014. C'est d'ailleurs pour cela que les projets de fermeture de certains régiments pressentis ont été remis au grenier par le ministère de la Défense. Des noms : Charleville-Mézières, Bitche, Gap, Valence, Luxeuil, Orange, Dijon, Rochefort ou Saintes.

On a beau retourner le problème dans tous les sens au ministère de la Défense, on ne trouve pas la solution. On pourrait pourtant supprimer des effectifs sans fermer de sites militaires, mais cela reviendrait à effacer une compagnie par ci, une division par là, et on taperait forcément dans les forces opérationnelles sans élaguer les unités de soutien comme prévu initialement. François Hollande doit prendre une décision car on ne peut faire d'omelettes sans casser d'oeufs...

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Jean-Baptiste Le Roux est journaliste. Il travaille également pour Radio Notre Dame où il anime des matinales et l'émission Parole d'Evêque. Il a travaillé pour Jalons, Causeur et Valeurs Actuelles avec Basile de Koch avant de rejoindre Economie Matin, à sa création, en mai 2012. Il est diplômé de l'Institut européen de journalisme et membre de l'Association des Journalistes de Défense.