L’assurance-chômage pour tous c’est en 2018

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 7 juin 2017 à 6h35
Chomage Reforme Assurance Macron Inclusive Demission
7%Emmanuel Macron table sur un chômage à 7 % à l'horizon de 2022.

Parmi les chantiers dans lesquels se lance le premier gouvernement d’Edouard Philippe il y a celui de l’assurance-chômage. Une grande réforme du système est à venir, très précisément à l’horizon de l’été 2018 après la réforme sur le Code du Travail qui, elle, sera lancée dès la deuxième moitié de l’année 2017 et par ordonnances. Mais que compte faire le gouvernement ?

Indépendants et démissionnaires auront droit à l’indemnité chômage

La réforme de l’assurance-chômage, dans le projet du gouvernement, veut mettre un terme à une grande différence qui existe chez les travailleurs français : alors que les salariés bénéficient de l’assurance-chômage en cas de licenciement, les indépendants ont plus de mal à y accéder. Une situation qui n’aide pas les artisans, les commerçants ou encore les professions libérales et qui, forcément, freine certains projets : un salarié qui voudrait ouvrir un commerce y réfléchit à deux fois avant de se lancer.

Cette dernière catégorie, une fois la réforme réalisée, aura accès à l’assurance-chômage, selon ce qu’a annoncé Edouard Philippe, le premier Ministre. De quoi rendre le système plus « universel ».

Et ce n’est pas fini : les salariés qui démissionnent et qui, aujourd’hui, n’ont pas droit au chômage du fait de leur démission, seront également inclus dans le système. Un droit qui ne sera ouvert qu’une fois tous les 5 ans mais qui devrait mettre un terme à l’augmentation des ruptures conventionnelles : contrairement aux démissions, les ruptures conventionnelles ouvrent les droits à l’indemnisation chômage. Mais, contrairement aux démissions, elles coûtent de l’argent à l’entreprise.

L’ouverture des droits à l’indemnisation pour les démissionnaires devrait permettre un marché du travail plus fluide tout en protégeant les salariés.

Une mesure inclusive mais qui coûte cher

Une telle mesure, qui ouvre des droits à l’indemnisation à des catégories de travailleurs jusque-là exclues, va forcément coûter cher. Selon l’Institut Montaigne, les sommes que devra trouver le gouvernement pourraient atteindre 8,7 milliards d’euros selon son scénario le plus pessimiste. Le scénario médian de l’institut table sur 4,8 milliards.

Comment le gouvernement va faire pour trouver ces sommes alors que le déficit public menace de ne pas être en dessous de 3 % en 2017 ? c’est le mystère. Emmanuel Macron, toutefois, espère couvrir ces frais en relançant l’emploi.

Entre une reprise, lente mais annoncée, de l’économie française, une réforme du Code du Travail et un marché de l’emploi plus fluide, il espère faire chuter à 7 % le taux de chômage en France avant la fin de son quinquennat. Une hypothèse optimiste qui, si elle devient réalité, pourrait permettre de récupérer près de 25,2 milliards d’euros selon l’Institut Montaigne.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio