Banque de France : un pactole de 4,5 milliards pour l’État

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 14 mars 2017 à 6h12
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855 MILLIONS €Le résultat net de la Banque de France est en hausse de 855 millions d'euros en 2016.

Voilà qui devrait faire plaisir à Bercy et à l’Elysée : la Banque de France va leur faire un virement gigantesque de plus de 4 milliards d’euros. Tout ça grâce à une santé de fer et grâce à une particularité bien française : la Banque de France paye l’impôt sur les sociétés qu’elle paye comme toute entreprise… chose que ne font pas les autres Banques centrales européennes.

Un résultat net avant impôts de 5,6 milliards d’euros

Si l’on parle beaucoup de l’Allemagne, côté banques centrales la française est en bien meilleure santé. Alors que la Bundesbank a enregistré un bénéfice distribuable de 0,4 milliard d’euros, en baisse de 2,2 milliards par rapport à 2015 dont 1,8 milliard de provision pour le risque de hausse des taux, la Banque de France voit son résultat exploser.

Avant impôt elle enregistre un bénéfice net de 5,6 milliards, soit 855 millions de plus qu’en 2015. Près de la moitié de cette somme, la BdF la tire de la politique monétaire d’assouplissement quantitatif (QE) de la BCE : 2,7 milliards.

Il semblerait aussi que la BdF soit douée pour trouver les investissements rentables : elle affiche un résultat confortable, en termes d’investissements propres, de 2,4 milliards avant impôt. Et, pour finir, 500 millions d’euros sont issus des banques centrales des pays émergents.

Un gros pactole pour l’État français

L’État français ne manque pas de tirer profit de cette bonne santé financière : il est le seul propriétaire de l’institution. Entre les dividendes et les impôts, du coup, c’est un petit chèque de 4,5 milliards d’euros que la Banque de France va lui faire au titre de l’exercice 2016. Et 2017 ne devrait pas inverser la tendance, haussière, des résultats.

La Banque de France est en effet tellement certaine que 2017 sera une bonne année qu’elle a décidé de ne pas mettre de côté une partie de ses gains comme l’a fait la Bundesbank.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio