Le Brexit aura bien lieu : Theresa May peut invoquer l’article 50

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 9 février 2017 à 5h55
Brexit City Londres Paris 1
140 MILLIARDS €Le coût du Brexit pourrait être de 140 milliards d'euros.

C’est fait : ce moment historique dans l’Histoire de l’Union Européenne sera bien une réalité. Le Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l’UE, pourra avoir lieu après le vote du parlement britannique le 8 février 2017. Theresa May peut désormais commencer à négocier les termes de la fin de l’appartenance du pays de Sa Majesté à l’Union Européenne.

Le Brexit obtient une large majorité au parlement

Ce n’était pas forcément gagné d’avance mais, au final, Theresa May aura eu gain de cause. Après avoir été contrainte de passer par un vote du Parlement britannique avant de pouvoir invoquer l’article 50 du traité de Lisbonne, qui régit les règles de sortie de l’Union Européenne, la Première ministre britannique peut continuer son projet.

Les analystes s’attendaient à ce que la loi sur le Brexit passe, mais à peu de choses près. Finalement, le 8 février 2017, les élus ont voté à une large majorité la fin de l’appartenance de leur pays à l’Union Européenne. La loi a obtenu 424 voix pour et 122 contre. Une victoire sans contestation possible, en somme.

De quoi confirmer définitivement le vote du peuple britannique : le 23 juin 2016 51,9 % des citoyens de Sa Majesté avaient voté pour le Brexit lors du référendum historique.

Et maintenant ? Le travail commence

Avec ce vote, rien n’est joué si ce n’est que le fait que Theresa May va pouvoir invoquer l’article 50 du traité de Lisbonne. La loi doit encore passer devant la chambre des Lords, mais il y a peu de chances qu’ils reviennent sur le texte.

Le Royaume-Uni n’est pourtant pas encore sorti de l’Union Européenne : une fois l’article 50 déclenché, il faut un minimum de deux ans pour que la sortie de l’UE soit effective. Mais les spécialistes penchent plutôt pour une période plus longue, 5 ans voire plus, car les liens entre l’UE et le Royaume-Uni sont forts et qu’il y a de nombreux détails à négocier, même si Theresa May penche pour un « hard Brexit ».

Que les défenseurs d’un Frexit, une sortie de la France de l’Union Européenne, ne prennent pas cette victoire pour la leur : le Royaume-Uni et la France sont deux pays bien distincts. D’une part, le Royaume-Uni a toujours fait cavalier seul. Le Royaume-Uni peut également compter sur les liens qui le lient au Commonwealth et à son histoire coloniale pour tisser des rapports commerciaux, chose que ne pourrait pas la France.

Et n’oublions pas : le Royaume-Uni n’a jamais eu l’Euro. La sortie de l’Union Européenne ne va pas contraindre le pays à changer de monnaie. Pour la France, ce serait bien différent : changer de monnaie conduirait le pays à devoir admettre un défaut de paiement car les dettes contractées par l’État sont en euros et que les contrats prévoient un remboursement dans la même monnaie.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio