Bruce Springsteen, Dieu du stade

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Par Jean-Baptiste Le Roux Modifié le 2 juillet 2013 à 7h43

Samedi soir, Springsteen jouait à guichet fermé au Stade de France, à Paris. Une nouvelle manière de prouver qu'à 63 ans, il est toujours le Boss.

Plus de 3 heures de concert, de surprises et de bon rock ! Voici le programme qu'avait préparé le rocker du New Jersey aux fans parisiens, présents pour certains dès 8h du matin, pour un concert ayant débuté vers 19h30. Pas de première partie, mais 3 chansons, exécutées en acoustique vers 17h30, par un Boss décontracté, et sous un soleil radieux !

Springsteen en concert, jamais moins de 3 heures de show


Puis le show. Un peu avant 20h. La réputation de Springsteen n'est plus à faire. Que ce soit sur le plan musical (jamais moins de 3 heures de concerts alternant classiques, reprises inédites et derniers morceaux), ou sur le plan humain. Sa générosité avec son public est bien réelle. Bien sûr certains mettront en avant le prix des places ou les contraintes qu'il existe à jouer dans un stade, mais mis à part un son bien moins bon que lors de son concert le 4 juillet 2012, à Bercy, l'ambiance était survoltée.

Et pour cause, Springsteen est bien un des seuls artistes aujourd'hui à entretenir un rapport privilégié avec ses fans. Et cela se voit sur scène. Enchaînant les classiques au gré des envies des spectateurs, le Boss a successivement fait monter une petite fille sur scène pour l'accompagner au chant sur "Waitin on a sunny day", invité deux fans à danser avec lui et sa violoniste, mais également convié une dernière à prendre une guitare pour un morceau. Un souvenir qui restera à vie.

Springsteen entretient un rapport de proximité avec ses fans


Une proximité avec son public qui s'explique sans doute par ses origines modestes (fils d'ouvrier du New Jersey) et la volonté de toujours se rappeler d'où il vient, même à l'apogée d'une carrière de plus de 40 ans. D'où cette impression qu'ont les fans de la première heure qu'au fond, "Springsteen c'est le mec que tu vas voir jouer pendant 4 heures mais avec qui tu pourrais tout aussi bien boire un coup dans un bar" !

Le Stade de France avait pourtant quelque chose de particulier samedi soir. Le Boss avait préparé une petite surprise à ses fans. Après une rafale de titres tirés de son dernier album "Wrecking Ball", il a offert à son public l'intégralité du fameux album de 1984, son septième, "Born in the USA". La meilleur vente de sa carrière mais également l'album le plus représentatif de l'univers Springsteen.

Le Boss a offert aux spectateurs du Stade de France l'intégralité de l'album "Born in the USA"


Quelle ne fut pas la joie des spectateurs de danser sur "Dancing in the Dark", de reprendre en coeur le refrain de "Born in the Usa" et de "I'm going down". Au final 12 titres qui n'ont pas pris une ride alors même que son groupe, le fameux E-Street Band a de son côté bien évolué. Côté musicien d'ailleurs, ça vieillit également, mais à l'image du Boss, c'est à dire sans perdre en énergie.

Clarence Clemons, son saxophoniste emblématique décédé en 2011, a laissé sa place à Jake Clemons, son propre neveu qui a définitivement réussi à remplacer son oncle. Max Weinberg, le batteur, témoigne toujours d'un jeu éléphantesque, à couper le souffle sur certains morceaux comme par exemple sur l'intro de "American Land". Quant aux guitaristes Nils Lofgren et Steven Van Zandt, ils exécutent avec toujours autant de maestria leurs solos endiablés, que se partagent également une section de cuivre aussi lumineuse que sonore.

Des musiciens rompus à tous les styles, comme en témoigne le dernier album du Boss, définitivement orienté gospel, soul, et folk irlandais. Bref, un concert dans les règles de l'art "Springsteen" : une énergie folle, une générosité incroyable avec son public, élément parfois bien oubliée des artistes d'aujourd'hui, et une musique exécutée parfaitement, comme d'habitude. On n'en attendait pas moins.

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Jean-Baptiste Le Roux est journaliste. Il travaille également pour Radio Notre Dame où il anime des matinales et l'émission Parole d'Evêque. Il a travaillé pour Jalons, Causeur et Valeurs Actuelles avec Basile de Koch avant de rejoindre Economie Matin, à sa création, en mai 2012. Il est diplômé de l'Institut européen de journalisme et membre de l'Association des Journalistes de Défense.