Les cocus de l’annulation de l’écotaxe

Par Olivier Sancerre Modifié le 2 juin 2015 à 23h41
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170En France, il y a sur les bords des routes 170 portiques écotaxe.

Le dossier de l’écotaxe continue de hanter les cauchemars du gouvernement. Déjà confrontés à une indemnisation conséquente pour Écomouv’, la société en charge de la collecte de cette taxe, les autorités doivent aussi composer avec d’autres acteurs impliqués dans l’affaire.

C’est ainsi le cas pour les sociétés de télépéage qui devaient gérer l’enregistrement des poids lourds et la fourniture des boîtiers embarqués dans les camions. Au nombre de six, ces sociétés (Axxès, DKV, Eurotoll, Ressa, Telepass et Total), dûment habilitées, étaient en première ligne pour s’occuper des poids lourds devant s’acquitter de l’écotaxe.

Des dépenses engagées trop tôt

Ces entreprises avaient commencé acquérir les badges qui auraient dû être distribués aux camions et à mettre en place la logistique liée à l’écotaxe. Las, l’annulation de la taxe a eu pour conséquence d’occasionner des pertes qui ne pourront jamais être recouvertes. Et il ne faudra pas s’attendre à un geste de l’État.

D’après la Lettre de l’Expansion, les sociétés impliquées demandaient une indemnisation de 200 millions d’euros pour compenser les pertes occasionnées par l’arrêt de l’écotaxe. Aucune réponse favorable de l’État ne leur est parvenu, et il explique que les entreprises ont fait le choix « à leurs risques et périls » d’engager des frais pour leurs clients transporteurs.

Un recours, mais après…

Les sociétés ont cependant un recours, mais dans l’intervalle elles devront faire le dos rond. Les démarches, engagées sur une base individuelle en mai, l’étaient sur une base à l’amiable. L’État ne veut donc pas en entendre parler… Ce d’autant qu’il a déjà accepté de verser une indemnisation de 800 millions d’euros à Écomouv’, qui devait gérer la récolte du fruit de l’écotaxe. Une somme qui ne couvre pas les frais de destruction des portiques déjà installés !

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.