Confiance, souveraineté et inclusion : les enjeux de l’identité numérique

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Par Marc Norlain Publié le 3 mars 2019 à 7h04
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94%94% des Français ont aujourd'hui un téléphone mobile.

Face à l’accélération de la numérisation de la société, il est impératif d’instaurer le climat de confiance nécessaire au développement inclusif des services dans l’espace numérique. Ceci implique de privilégier le mobile comme interface de choix.

Comprendre l’identité numérique 

Pour comprendre l’identité numérique, il importe de distinguer « identité numérique » et « identité digitale ». L’identité digitale, c’est-à-dire la trace qu’on laisse sur internet, est constituée de 3 cercles : 1 ce qu’on consent à partager ; 2 les traces qu’on laisse  ; 3 ce qui peut être déduit sur l’internaute à partir des 2 premiers cercles.

L’identité numérique, elle, désigne les moyens de prouver son identité sur internet. S’il s’agit donc de deux choses différentes, le but des GAFAM est justement de mélanger les deux. Pourquoi s’immiscer dans l’identité numérique ? Simplement parce que c’est le secteur qui se monétise le mieux. Or l’identité numérique est et doit demeurer une prérogative des États, car elle comprend une dimension majeure de souveraineté.

L’Union européenne, qui a bien pris la mesure de cet enjeu, a édicté un certain nombre de règlements pour encourager les États à mettre en œuvre des identités numériques et assurer leur interopérabilité dans toute l’Europe. En France, depuis 2016, le portail France Connect** permet aux citoyens de se fournir une identité numérique sécurisée pour accéder aux services publics - et prochainement privés connectés.

Des défis majeurs à relever

L’identité numérique comprend 3 grands enjeux, dont le premier est celui de la confiance.

La deuxième vague du déploiement de services sur internet se heurte en effet à un problème de confiance : dès que les transactions ont une trop haute valeur, les internautes n’osent pas recourir au digital. Il faut donc parvenir à porter le niveau de confiance au seuil dont a besoin internet pour que les derniers services puissent être dématérialisés.

Le deuxième enjeu de l’identité numérique est celui de la souveraineté. L’Europe, qui ne compte à l’heure actuelle pas de géants du numérique, a pour impératif de s’assurer que l’identité numérique reste du ressort des États. Il faut protéger les citoyens des GAFAM, dont le modèle économique est fondé sur la monétisation de leur vie privée, pour éviter qu’ils se retrouvent dans une situation où leur seul moyen de prouver leur identité implique de céder leurs données personnelles. Il faut donc leur fournir un moyen simple et attrayant d’accéder à des services, sans passage obligé par les GAFAM.

Le troisième enjeu, et sans doute le plus important, est celui de l’inclusion. Il faut que la société tout entière y ait accès, sans laissés-pour-compte. Il existe aujourd’hui un certain nombre d’exclus du numérique : personnes âgées, SDF ou personnes isolées. Il faut mettre en place des dispositifs d’accompagnement, et développer une interface simple d’utilisation, qui ne demande qu’un faible niveau d’érudition technologique.

À l’heure où l’on peut passer la plupart de ses opérations et achats depuis son téléphone, celui-ci peut évidemment être envisagé comme interface privilégiée. Il est devenu l’outil indispensable que tout le monde détient (94% des Français ont aujourd’hui un téléphone mobile) et que l’on a toujours sur soi. C’est, enfin et surtout, un outil qui n’engendre pas de coût supplémentaire ; ce qui s’inscrit donc pleinement dans une démarche inclusive.

Le mobile, pour simplifier le quotidien

À partir du moment où une personne sera correctement identifiée, ses démarches administratives pourront être largement simplifiées. Avec une identité numérique mobile, plus besoin de fournir des justificatifs : la digitalisation et l’automatisation des processus qu’elle comporte, offre une fluidité et un gain de temps sans précédent pour les usagers. L’administration fiscale en a posé les prémisses, les banques s’apprêtent à suivre : demain un citoyen pourrait même autoriser la transmission de ses informations par FranceConnect et n’aurait plus besoin, par exemple, de fournir de justificatifs à la mairie pour obtenir une bourse ou une place en crèche.

C’est aussi un modèle plus sécurisé que celui qui consiste à envoyer le scan de sa pièce d’identité par mail  et qui aurait, en outre, pour vertu de faire du consentement de l’intéressé la condition technique du partage d’informations.

On aboutit donc à un système de simplicité maîtrisé pour les usagers, qui a également pour bénéfice majeur de permettre un redéploiement efficace des moyens de l’État sur le territoire. En offrant l’accès à des services publics 24h/24, 7 j/7, où que l’on se trouve, l’identité numérique mobile permet à l’administration d’assurer la continuité de sa mission de service public.

Le portail FranceConnect, qui compte 8,5 millions d’utilisateurs, devrait en avoir 20 millions avant 2020. Pourvu que l’accès soit mis à portée de tous, en privilégiant l’interface du téléphone notamment.

Même si la France ne dispose pas encore de cartes portant des identités numériques, ce n’est donc qu’une question de temps avant que l’identité numérique atteigne une dimension nationale.

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Après des études de statistiques à l’ENSAE, Marc Norlain a travaillé au département recherche et développement d’un constructeur automobile français avant de rejoindre SFR. En tant que Manager au département informatique, il travaille avec ses équipes à la mise en place d’un système de détection de la fraude. Il cherche alors une solution pour sécuriser les souscriptions en points de vente et décide de créer AriadNEXT avec cette idée. Marc Norlain manage aujourd’hui les équipes Recherche et Développement d’ARIADNEXT, créatif et visionnaire, il travaille sur les réponses aux problématiques de demain, notamment celles liées à l’Identité Numérique.

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