Contre le paquet neutre, les buralistes ne veulent pas partir en fumée

Par Olivier Sancerre Modifié le 7 septembre 2015 à 19h36
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31 MILLIARDSLe chiffre d'affaires des buralistes s'est monté à 31 milliards d'euros en 2011.

Entre le paquet neutre et la menace d'un passage à 10 euros le paquet, les buralistes ont le blues, et ils vont se faire entendre une fois de plus ce mardi 8 septembre. Des manifestations dans plus de 80 villes vont en effet être organisées pour protester contre le projet de loi sur la Santé.

Ce projet de loi sera discuté au Sénat à partir du 14 septembre. On y trouve, entre autres, des mesures pour lutter contre le développement du tabagisme, tout particulièrement chez les jeunes. Et parmi les dispositifs qui seront mis en place, le paquet dit neutre qui en fait, est recouvert d'images très difficiles sur les conséquences du tabac.

Dégradation

Ces paquets, les buralistes n'en veulent pas, du moins pas sous cette forme. C'est pourquoi ils veulent orchestrer des « simulations de la forte dégradation des points de vente avec des linéaires tabac neutres, fermetures partielles ou totales de débits de tabac ». Au nombre de 26 000, les buralistes représentent le premier réseau de commerces de proximité en France.

Les sénateurs sont en tout cas sensibles aux arguments des buralistes. En commission, ils ont annulé le dispositif du paquet neutre, le remplaçant par la directive européenne sur le sujet : le logo de la marque persiste sur le paquet, avec un message d'avertissement recouvrant 65% de sa surface. Le projet de loi français va plus loin, expurgeant le logo et affichant une image d'avertissement plus grande encore. Le gouvernement va réintroduire cette mesure via un amendement.

10 euros

L'autre menace qui pèse sur l'activité des buralistes, c'est le passage au paquet à 10 euros. Un niveau de prix qui « ne ferait que pousser plus de fumeurs à acheter leur tabac chez nos voisins, sur Internet ou dans la rue. On aurait dès lors une évidente baisse des ventes dans le réseau officiel qui ne traduirait nullement une baisse de la consommation réelle », accuse la Confédération des buralistes.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.