Croissance : si l’Allemagne s’enrhume, l’Europe va crever ?

Par Olivier Sancerre Modifié le 8 octobre 2014 à 0h54

L'Allemagne, le moteur économique de l'Europe, est-il grippé ? La crise du vieux continent, qui semblait glisser sur le pays comme l'eau sur les plumes du canard, commence à frapper durement outre-Rhin.

La croissance en panne

La première alerte avait été donnée au second trimestre : avec une croissance en recul de 0,2%, l'Allemagne faisait encore moins bien que la France qui a pu s'enorgueillir d'une croissance nulle. Et le troisième trimestre s'annonce encore pire avec une production automobile, fleuron du pays, en chute massive de 25,4% et une production industrielle en berne de 4%. Le spectre de la récession semble se déployer avec d'autant plus de force que le pays n'a cessé, parfois jusqu'à l'arrogance, de faire valoir à ses partenaires européens la solidité de son économie, bâtie sur une rigueur de tous les instants.

Dans ses dernières prévisions pour la croissance mondiale, le FMI a pointé les maux allemands : une demande intérieure qui se tasse (avec comme corollaire une production de biens d'équipement en forte baisse de 8,8%), et une estimation de 1,4% de la croissance du PIB, 0,5 point de moins que le dernier pronostic daté de juillet. Plus dure sera la chute ?

Le taux de chômage n'est plus épargné

L'Office allemand des statistiques, en annonçant une production industrielle qui trébuche de 4%, est plus mauvais que les prédictions les plus pessimistes, qui annonçaient -3% « seulement ». Les commandes de l'industrie sont en baisse, un signe alarmant pour un pays dont c'est le fer de lance économique.

Même le taux de chômage, fierté nationale à 6,7% seulement, commence à montrer des signes de faiblesse. Car c'est l'arbre qui cache la forêt : le nombre de chômeurs a grimpé en septembre (12 000 demandeurs d'emploi supplémentaires). À force d'accumuler les mauvais chiffres pour son économie, l'Allemagne va t-elle accepter de desserrer les cordons de la bourse et relancer la demande intérieure ? C'est tout ce que le reste de l'Europe demande.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.