Cuba, futur suppôt du capitalisme à l’américaine ?

Par Olivier Sancerre Modifié le 29 novembre 2022 à 10h07

Changement de régime à Cuba. Depuis la rupture des relations diplomatiques avec les États-Unis en 1961, les relations avec le grand voisin américain étaient au mieux glaciales. Les choses ont changé d'un coup par la grâce d'un discours d'ouverture de Barack Obama, et de dix huit mois de négociations qu'on imagine intenses entre les dirigeants des deux pays.

Coup de fil entre Obama et Castro

Obama et son homologue cubain, Raul Castro, ont scellé d'un coup de fil dans l'après-midi du mardi 16 décembre le réchauffement entre les deux pays. Les relations vont donc reprendre, avec en ligne de mire leur normalisation. Un processus long et complexe, le contentieux étant évidemment important (Cuba fait par exemple toujours partie des États soutenant le terrorisme).

Au delà des symboles (on évoque ainsi une visite officielle de Barack Obama sur le sol cubain), ce sont aussi et surtout la suspension des sanctions économiques contre l'île qui sont particulièrement attendues par une population épuisée après tant d'années de sacrifices. La levée des restrictions sur les voyages (exception faite des touristes américains, toujours pas autorisés à se rendre sur place), les transferts d'argent et le commerce va sans aucun doute booster l'économie exsangue du pays.

Ouvrir l'économie du pays au secteur privé

Raul Castro tente depuis 2008 et son accession au pouvoir d'ouvrir l'économie du pays au secteur privé. Par petites touches, différents secteurs sont désormais régies par les règles traditionnelles du capitalisme, et on dénombre désormais plus de 500 000 salariés du privé. Mais il reste encore tout à faire pour complètement libérer les énergies dans l'île des Caraïbes qui reste encore majoritairement gérée selon un système de planification centralisée peu efficace.

L'ouverture aux États-Unis et les investissements chinois, qui importent les richesses minières de Cuba, vont nécessairement pousser à la modernisation du pays.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.