Planche à billets, création monétaire : et si la machine s’emballait ?

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Par Jean-Baptiste Giraud Publié le 17 février 2014 à 23h24

On nous avait tant et tant répété que l'Argentine, après avoir fait faillite en 2002, renaissait de ses cendres oubliant ses vieux démons. Las : Le peso a perdu 30 % de sa valeur en quelques semaines, renchérissant d'autant les importations indispensables au pays... et à ceux qui y avaient trouvé un débouché de choix pour leurs produits.

Brésil, Argentine, Turquie ou Afrique du Sud, mais aussi Indonésie ou encore Russie : Autant de pays qui ne sont pas des nains démographiques ou économiques loin s'en faut, et qui tiraient ces dernières années l'économie mondiale. Et voilà que leurs monnaies s'effondrent, déréglant leurs machineries économiques, bloquant les importations sans pour autant améliorer la compétitivité de leurs produits à l'international, qui ont pour la plupart déjà atteint leur potentiel maximum, dans un monde au ralenti.

Quand je dis "s'effondrent", ce n'est pas encore la République de Weimar mais enfin, quand en quelques semaines, votre devise voit son cours se déprécier de 10, 15, 20 voire près de 30 % comme donc le peso, en Argentine, on se sent impuissant, sans avoir besoin de s'appeler Moscovici. C'est vrai d'ailleurs que l'on soit ministre de l'Economie et des Finances, ou chef d'entreprise. Bien entendu, comme dans toute crise, il y a les perdants et les gagnants : ceux qui ont su se prémunir contre le risque de change, et les autres. Ceux qui ne travaillent de toute façon qu'en dollars, et ceux qui vivent au fil du cours du peso, ou des autres monnaies affaiblies en ce moment.

Mais le véritable problème n'est pas là. Cette crise des monnaies émergentes est un signal d'une autre crise sous-jacente, qui pour le coup, pourrait avoir certains traits communs avec le drame vécu par l'Allemagne au début des années 30. Pour sauver l'économie mondiale, à partir de 2008, les banques centrales qui contrôlent les monnaies socles de l'économie mondiale (Le dollar, l'euro et le yen pour faire simple) ont créés des milliers de milliards de dollars donc, d'euros, ou de yens. Suivis en cela par les petites banques centrales, à l'abri des grosses. En quinze ans, la masse monétaire mondiale, l'argent en circulation, a été multiplié par dix. dont la majeure partie est virtuelle, c'est à dire qu'elle n'est pas appuyée sur une création de richesse réelle, mais également virtuelle parce que cet argent n'existe tout simplement pas.

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Photo Jean Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin. Il est également intervieweur économique sur RTL dans RTL Grand Soir (en semaine, 22h17) depuis 2016.Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time. En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007.Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an.En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier. Il a également été éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018. Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont notamment "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ainsi que "le Guide des bécébranchés" (L'Archipel).