Pollution : un DieselGate chez Fiat Chrysler ?

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 13 janvier 2017 à 8h11
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18%Fiat a perdu près de 18 %d e sa valeur à la Bourse de Milan après les accusations de l'EPA.

Alors que Volkswagen a clos l’affaire DieselGate avec la justice américaine en acceptant de payer une nouvelle amende de 4,3 milliards de dollars dans le volet pénal de l’affaire, l’EPA, l’agence environnementale américaine, a décidé d’ouvrir une nouvelle enquête. Jeudi 12 janvier 2017 elle a publiquement accusé Fiat Chrysler Automobiles (FCA) d’avoir également truqué les résultats des tests des émissions polluantes.

Plus de 100 000 véhicules de FCA auraient un logiciel truqueur

L’accusation est lourde contre Fiat Chrysler Automobiles puisqu’elle concerne environ 100 000 véhicules, si ce n’est plus, selon l’EPA. L’agence accuse le groupe automobile italo-américain d’avoir installé un logiciel truqueur similaire à celui retrouvé dans les moteurs de Volkswagen sur les Jeep Cherokee et les Dodge Ram 500, soit deux modèles avec un moteur très puissant donc potentiellement très polluants.

Pire : Fiat ne peut même pas se défendre de ne pas avoir été au courant et rejeter la faute sur Chrysler puisque l’accusation porte sur la période 2014-2016, soit après la fusion entre Fiat et Chrysler qui a donné naissance au groupe FCA.

La nature de ce qui est reproché à FCA, par contre, est la même que celle qui a été reprochée à Volkswagen en septembre 2015 : un logiciel truqueur installé sur les moteurs des véhicules concernés aurait réduit les émissions de gaz polluant lors des tests officiels, permettant ainsi aux modèles de paraître plus « verts ».

Fiat se défend mais se fait détruire en Bourse

Le groupe Fiat Chrysler Automobiles n’a pas tardé à réagir aux accusations de l’EPA qu’elle dément formellement. Si le groupe confirme une « stratégie de contrôle des émissions » par communiqué, il estime que cette stratégie est « correctement justifiée ». De fait, il nie avoir installé ce que l’EPA appelle un « logiciel truqueur » afin de tricher lors des tests des émissions.

L’enquête va poursuivre son cours et Fiat devrait rapidement s’expliquer avec l’équipe de Donald Trump. Ce dernier étant, par ailleurs, climato-sceptique, FCA pourrait s’en sortir à bon compte, peut-être en promettant des investissements aux Etats-Unis.

La Bourse, par contre, ne semble pas être du même avis que le constructeur automobile. Le titre de Fiat Chrysler a chuté de 16 % à Wall Street avant d’être suspendu pour la séance tandis que celui de FCA à la Bourse de Milan a chuté de 18 %.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio