L’Europe donne 700 millions à la Grèce pour qu’elle garde les migrants chez elle

Par Olivier Sancerre Modifié le 3 mars 2016 à 0h59
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300 MILLIONSLa Grèce recevra 300 millions d'euros d'aide humanitaire cette année.

La Grèce menace de se transformer en immense camp de réfugiés. Le pays, qui voit affluer les migrants venus de Syrie et d’ailleurs, a sonné l’alarme européenne : Athènes va recevoir une enveloppe massive pour faire face.

Bruxelles est allé au-delà du montant demandé par la capitale grecque pour accueillir les migrants. L’Union européenne va en effet débloquer 700 millions d’euros, répartis sur les trois prochaines années, afin que le pays puisse mettre en place les structures suffisantes pour recueillir les réfugiés et en assurer un traitement humain : construction d’abris, éducation, besoins essentiels en santé, etc.

Première

De fait, il s’agit d’une première pour l’UE, qui n’avais jamais mis en place d’assistance humanitaire de cette ampleur pour un de ses membres. Mais l’enveloppe est à la mesure de l’enjeu. Il faut encore que les fonds soient rassemblés auprès des États, qui seront sans doute trop heureux de verser leur écot pour que les réfugiés restent en Grèce.

Athènes avait déjà reçu un peu plus de 145 millions d’euros pour mettre sur pied les centres d’accueil. Bruxelles espère maintenant qu’avec ces 700 millions supplémentaires, le pays puisse faire face à l’arrivée de 100 000 réfugiés.

Relocalisation

Mais cet argent ne suffira pas. Il faut également que les autres États membres de l’Union s’engagent à la relocalisation de migrants sur leurs territoires : la Grèce n’a pas les moyens de tous les garder à l’intérieur du pays. En dehors de l’UE, la Turquie a déjà fait un geste pour admettre un peu plus de 300 migrants sur son territoire.

La crise des migrants est un gouffre financier pour l’Europe. L’Union a en effet déjà déboursé 10 milliards d’euros, versés à la Syrie, la Turquie et en Afrique, mais l’afflux se poursuit.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.