Gare au retour du déficit à 3%

Par Olivier Sancerre Modifié le 6 septembre 2018 à 16h08
Deficit France 2018 2019 Sncf 1
2,7%Le déficit a été revu à la hausse pour 2017, il s'établit finalement à 2,7%.

Emmanuel Macron en a fait l'alpha et l'omega de sa politique économique vis à vis de ses partenaires européens : repasser sous le seuil des 3% de déficit. Et si possible, y rester ! Mais cela ne sera peut-être pas si évident.

Une note de l'Insee joue les mouches du coche ce jeudi 6 septembre. L'institut des statistiques a ainsi revu à la hausse le déficit pour 2016 et 2017, qui augmente de 0,1 point à respectivement 3,5% et 2,7%. Ce n'est finalement pas très grave, puisque cela ne change pas le fait que la France soit sortie de la procédure pour déficit excessif l'an dernier, après une longue période au-delà du seuil fixé par Bruxelles. Plus embêtant en revanche, l'Insee prévoit aussi une hausse du déficit prévu pour 2018 et 2019.

Les inquiétudes de l'Insee

Le gouvernement avait annoncé que le déficit sera de 2,3% cette année, puis de 2,4% en 2019. L'Insee prévoit plutôt une hausse de ce déficit en raison de la reprise de la dette de SNCF Réseau. Ce sont 35 milliards d'euros qui vont peser lourd dans la balance des comptes, même si l'exécutif s'est voulu rassurant à ce niveau. Mais les assurances du gouvernement ne pèsent pas lourd face aux chiffres bruts ! Ce d'autant que l'Insee ajoute au pot le « besoin de financement » de l'entité en charge des infrastructures ferroviaires. Les recettes engrangées par SNCF Réseau sont en effet insuffisantes pour couvrir les investissements indispensables à la bonne tenue du réseau…

La reprise de la dette de la SNCF coûte cher

Le Monde rapporte le commentaire du cabinet du ministère de l'Économie, qui évoque effectivement un déficit en hausse de 0,1 point pour 2018 et 2019. Bercy indique aussi que la loi Pacte sera en mesure d'améliorer la situation. Mais une source au sein du gouvernement prévient aussi que si la croissance n'est que de 1,5% en 2019, le déficit pourrait bien repasser à nouveau au-dessus des 3%… Voilà qui serait de mauvais augure vis à vis de Bruxelles et des partenaires de la France en Europe.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.