La Grèce envisage de racheter sa dette à ses créanciers

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Par Jean-Baptiste Giraud Publié le 19 novembre 2012 à 6h08

La Grèce serait prête à racheter une partie de sa dette, mais il y a un truc, évidemment. Etant donné que la Grèce n'inspire plus confiance à grand monde, ses titres, les bons du Trésor émis sans limite à la belle époque des taux d'intérêts bas et de l'absence de contrôle de l'état réel des finances de la Grèce, ne valent plus grand chose. Ils s'échangent sur le second marché à moins de 25 % de leur valeur initiale....

Conséquence, si la Grèce rachète les titres de dette qu'elle a elle-même émise, ce ne sera pas à leur valeur faciale, mais au prix du marché ! Selon le New York Times, Athènes aurait même commencé déjà à tater le terrain en proposant de racheter des titres à certains investisseurs privés à 27 % de leur valeur, avec un maximum pour certains titres à taux d'intérêt plus élevé que les autres à 33 %. Autrement dit, la Grèce s'est fait prêter 100 à un moment, a versé des intérêts sur ces sommes prétées, dont elle ne remboursera jamais le capital, et parce qu'elle a fait partiellement défaut (restructuration) et parce qu'elle rachétera les titres en circulation chez des créancers privés pour un quart à un tiers de leur valeur.

Néammoins, ce scénario n'est pas la panacée. D'abord, avec quel argent racheter ? Celui prété par l'Europe et le FMI, et censé aider la Grèce à boucler ses fins de mois ? Rien n'est dit à ce sujet. De même cette dette, entre les mains de créanciers privés, est infime, comparée à celle détenue par le FMI, la Banque Centrale Européenne, et le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF). Les créanciers publics et institutionnels détiennent les 3/4 de l'immense dette grecque. Le jour où ceux-ci ferait un trait sur tout ou partie de leurs créances, le sort de la Grèce s'améliorera, mais pas forcément celui des créanciers..

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Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin. Il est également intervieweur économique sur RTL dans RTL Grand Soir (en semaine, 22h17) depuis 2016. Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time.  En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007. Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an. En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier.  Il a également été éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018.   Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont notamment "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ainsi que "le Guide des bécébranchés" (L'Archipel).