Banques : 9 Français sur 10 jugent la hausse des tarifs injustifiée

23 %
Pour 23 % des Français l'échec des élèves aux tests PISA est la faute
des professeurs des écoles.

Q1 : Pour améliorer les mauvais résultats de la France à l’étude PISA de l’OCDE portant sur l’école primaire, faut-il en priorité ?

Une formation différente des professeurs d’écoles : 23 %

De nouveaux programmes : 15 %

Des moyens financiers renforcés pour l’école primaire : 9 %

Toutes ces mesures à la fois : 41 %

Aucune de ces mesures :11 %

NSP : 1 %

41% des Français interrogés considèrent que l’amélioration des mauvais résultats à l’enquête PISA portant sur l’école primaire passent par des mesures alliant une formation différente de professeurs des écoles, de nouveaux programmes et des moyens renforcés pour l’école primaire.

Les résultats de l’enquête PISA de l’OCDE ont une nouvelle fois résonné comme un échec pour l’école primaire en France. Il était donc logique de poser cette semaine la question aux Français sur les mesures qu’ils pensaient adéquates à prendre pour enrayer ces mauvais résultats et créer ce que certains autres Etats concernés naguère ont appelé le « choc PISA ».

C’est notamment le cas de trois nations : Singapour, le Japon et l’Estonie qui ont pris la mesure des mauvais résultats de leurs élèves et qui ont mis en place des mesures de transformation de leur système scolaire pour désormais occuper le trio de tête. Ces Etats remplacent dans la hiérarchie la Finlande ou la Corée du Sud dont les mesures de transformation de l’école primaire ont longtemps servi de modèle.

Les résultats du sondage de cette semaine appellent trois commentaires :

D’abord que la méthode qui a longtemps consisté, en France, à considérer ces résultats comme la faute unique des ministres de l’Education nationale qui se succèdent rue de Grenelle (8 depuis 15 ans en France) est terminée, la première occurrence précise de notre sondage portant sur la nécessité de mieux former les professeurs.

Ensuite que les Français interrogés actent la nécessité d’une transformation radicale de l’école primaire qui ne passe pas par une augmentation des moyens qui est pourtant le seul argument des syndicats de professeurs depuis qu’ils existent. En effet, les Français considèrent que la réponse passe par une multitude d’actions à commencer par la formation des professeurs et la mise en œuvre de nouveaux programmes, bien avant que des moyens supplémentaires soient déployés.

Enfin, ces résultats montrent que « LA » réforme ou même l’idée de cette réforme qui pourrait permettre à la France de vivre ce « choc Pisa », pour retrouver le peloton de tête des pays de l’OCDE n’est pas encore inventée.

Et ce qu’il faut retenir en matière de communication pour l’avenir du pays est toute entière résumée là : l’incapacité des hommes et des femmes politiques de tous bords à dépasser les postures politiques et électoralistes et à prendre le sujet à bras le corps sur le moyen/long terme pour ne pas mettre en risque les générations futures et avec elles les notions d’ascenseur social et d’égalité républicaine pointées par l’enquête PISA.

Pour le ministre de l’Education nationale issu du gouvernement qui sortira des urnes en mai prochain, tout l’enjeu sera de pouvoir penser une réforme de l’école primaire en faisant fi des freins rencontrés par ses prédécesseurs. Ces freins sont d’abord idéologiques. Ils sont tellement connus par l’opinion publique qu’il n’apparaît pas nécessaire de les décrire ici.

Ils sont aussi politiques. Réussir une vraie réforme de l’école primaire, comme ce fut le cas dans tous les pays qui se sont transformés à la suite des résultats de l’enquête PISA, prend 10 ans. La durée de vie d’un ministre en exercice à l’Education nationale est en moyenne de 2 ans…


Q2 : Les banques annoncent une augmentation des frais bancaires en 2017 pour compenser la baisse de leurs marges liées aux faibles taux d’intérêts. Pensez-vous que cette augmentation est justifiée ?

Sous total « OUI » : 7 %

Sous total « NON » : 92 %

NSP : 1 %

92% des Français interrogés considèrent que l’augmentation des frais bancaires pour compenser leurs marges liées aux faibles taux d’intérêts n’est pas justifiée.

Si la finance a été citée comme l’ennemie à abattre dans un discours qu’il faut désormais ranger dans un tiroir de l’histoire de la Vème République, l’image des banques semble durablement écornée dans l’esprit des Français. Toute proposition ou annonce de leur part est systématiquement rejetée par l’opinion et perçue comme un cadeau fiscal, une faveur ou un privilège injustifiés.

Ainsi, 92% des français considèrent que l’augmentation des frais bancaires en 2017 pour compenser la baisse des marges des banques, liées aux faibles taux d’intérêts n’est pas justifiée. Ce résultat, même s’il n’est pas très étonnant compte tenu de l’intitulé de la question, interroge sur la perception des banques en France du fait de l’ampleur du résultat négatif.

Aujourd’hui, huit ans après la crise des « subprimes », qui a déclenché la crise économique dont nous vivons encore les conséquences aujourd’hui, huit ans après l’affaire Kerviel qui a durablement porté atteinte à l’image de la Société Générale au premier chef et à l’image des banques en général, les résultats du sondage d’aujourd’hui montrent que l’image des banques est durablement compromise dans l’opinion publique.

Pourtant, même si l’on peut comprendre que les Français ne soient naturellement pas satisfaits de subir une nouvelle augmentation de frais bancaires, il faut comprendre qu’une telle mesure, justifiée par la nécessité de compenser les faibles marges liées aux faibles taux d’intérêt, peut permettre d’éviter des suppressions massives d’emplois et des fermetures d’agences bancaires sur tout le territoire.

Personne, parmi les politiques, les leaders d’opinion ou les experts n’a aujourd’hui intérêt à défendre un secteur dont l’image est aussi dégradée. Pourtant, c’est un secteur stratégique, économiquement et politiquement, au même titre que l’industrie (Alstom) ou l’aérien (Air France), pour lesquels les politiques se mobilisent en un éclair.

Les banques doivent reconquérir l’opinion publique pour que les politiques se sentent de nouveau autorisés à les défendre et à justifier telle ou telle mesure bénéfique à ce secteur stratégique… comme la nécessité économique et sociale d’une hausse des frais bancaires.

Sondage exclusif TILDER/LCI/OpinionWay du 8 décembre 2016


A découvrir