Diesel : la hausse des taxes est « une question qui se pose » pour Ségolène Royal

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Publié le 5 octobre 2015 à 7h00
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61%61% du parc automobile français roule au Diesel.

Après le scandale Volkswagen, qui concerne plus de 11 millions de véhicules, et les diverses plaintes déposées partout dans le monde par les autorités mais également des associations et des particuliers, voilà venu le temps pour les politiques de se saisir du sujet. Première à passer le cap, et pas des moindres, Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie. Elle y voit un moyen de s'attaquer au Diesel. Par les taxes, bien entendu.

Le Diesel interdit en France dans dix ans ?

Aujourd'hui encore le Diesel bénéficie d'une fiscalité avantageuse par rapport à l'essence classique mais avec les révélations du scandale des contrôles truqués cet avantage semble à la fois désuet et mal venu. Du coup Ségolène Royal se pose la question : "Faut-il augmenter la taxe sur le Diesel".

C'est ce qu'elle pense allant dans le sens d'EELV qui a demandé que le Diesel soit "interdit dans l'ensemble du pays à l'horizon de 2025", soit dans dix ans. Le gouvernement ne s'est pas prononcé sur ce sujet qui risquerait de mettre à mal l'industrie automobile (qui commence à peine à retrouver des couleurs après la crise économiques de 2008 qui l'a frappée de plein fouet).

Mais par contre sur la question d'augmenter les taxes sur le Diesel, Ségolène Royal a été claire ce dimanche 4 octobre 2015 sur France 5 : "c'est une question qui se pose".

Supprimer l'avantage du Diesel en 5 ans

Ce sera dans le cadre des discussions sur la loi de finances que tout va se jouer : la question de la fiscalité du Diesel va être mise sur la table après les récentes révélations. Près d'un million de véhicules Volkswagen auraient en effet triché en France aussi (et c'est resté au travers de la gorge du gouvernement).

"Ce qu'il faut, c'est programmer les choses sur cinq ans, il faut sortir de l'avantage du Diesel d'ici cinq ans" a déclaré la ministre revenant, de fait, sur sa position de l'été 2015 lorsqu'elle avait tout simplement exclu l'alignement de la fiscalité di Diesel sur celle de l'essence à court terme. Il faut dire qu'avec une taxe de 47 centimes le litre contre 62 centimes pour l'essence l'avantage Diesel coûte un manque à gagner de 7 milliards d'euros par an à l'Etat.

La sortie de l'avantage Diesel pourrait servir, par exemple, à augmenter le bonus pour l'achat de voitures plus écologiques (GPL et surtout électrique) et ainsi permettre une transition plus rapide du parc automobile français.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio