En France, seuls 10% des titres de séjour sont accordés pour des motifs professionnels

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Par Laure De Charette Modifié le 12 juillet 2013 à 3h16

Des professionnels ou des familles, telle est la question. Sur les 191 000 étrangers arrivés l'an dernier en France et qui ont obtenu un titre de séjour, seuls 16 000 l'ont été dans le cadre d'une immigration économique, soit seulement 8%, selon des statistiques officielles publiées hier par le Secrétariat général à l'immigration et à l'intégration.

La France accueille beaucoup de familles étrangères mais pas assez de talents

En comparaison, dans le cadre de l'immigration familiale, 86 000 titres ont été délivrés, soit 44%, le reste étant notamment de l'immigration étudiante (58 000 titres de séjour octroyés, soit 30%) et humanitaire (18 000 titres, soit 9%).

En somme, en France, 1 titre de séjour sur 10 seulement est accordé pour des motifs professionnels. C'est le double, 2 sur 10, en Espagne, en Italie ou au Royaume Uni. Et pour cause : en France, la loi stipule qu'un emploi ne peut être pourvu par un étranger que s'il y a une pénurie sur ce métier.

Un projet de loi pour faciliter l'immigration professionnelle

On se souvient que Nicolas Sarkozy, quand il était au pouvoir, avait commencé à évoquer l'idée d'encourager l'immigration « choisie » (économique), au détriment de l'immigration « subie » (familiale). François Hollande est censé présenter un projet de loi d'ici l'été allant finalement peu ou prou dans le même sens, afin de faciliter l'immigration professionnelle. Il est d'autant plus nécessaire à ses yeux que la crise économique qui frappe l'Hexagone semble avoir dissuadé un certain nombre d'étrangers de tenter leur chance ici.

En juin, des dirigeants économiques français ont plaidé pour une politique d'immigration centrée sur les besoins des entreprises au motif que « l'immigration contribue à la prospérité économique d'un pays ». Ils ont appelé à dépolitiser le débat et à mesurer de manière pragmatique l'impact économique de l'immigration. Ils suggéraient par exemple que le ministère du Travail se saisisse aussi de la question, et non exclusivement le ministère de l'Intérieur.

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.