Leclerc jette l’éponge : plus de guerre des prix avec ses concurrents

Par Olivier Sancerre Modifié le 4 mars 2015 à 15h10
Shutterstock 248835226
18,3 MILLIONSL'an dernier, 18,3 millions de ménages ont fréquenté au moins une fois une enseigne E. Leclerc.

Michel-Edouard Leclerc, patron du regroupement de distributeurs du même nom, rejoint le concert de tous ceux qui pensent pis que pendre de la loi Macron. Dans son collimateur, un dispositif ajouté en douce.

L’industriel souhaite que le projet de loi Macron, qui va être débattue au Sénat au printemps, « corrige l’article sur les contrats d’affiliation », explique-t-il aux Echos. Sinon, menace-t-il, « c’est une déclaration de guerre ». Telle qu’elle est actuellement rédigée, la loi fixe à neuf années la durée des contrats d’affiliation aux enseignes.

Limiter les engagements des coopérateurs

Michel-Edouard Leclerc estime qu’il n’est pas utile de limiter les engagements de sociétaires ou de coopérateurs. Dans le commerce intégré, les pactes d’actionnaires peuvent durer 99 ans, rappelle-t-il. « De plus, en institutionnalisant une date unique pour renouveler tous les contrats, on organise la chasse pour que les groupes financiers ou les gros distributeurs étrangers, fassent des offres massives de rachat de magasins », s’alarme-t-il.

Une mesure prise sans discernement ?

D’après lui, cette mesure a été prise sans les études d’impact indispensables au bon discernement. Leclerc y voit une volonté du gouvernement d’affaiblir les groupes coopératifs comme le sien. C’est d’autant plus paradoxal, pointe t-il, que la loi Hamon tentait de renforcer ce type de groupement.

« Un commerçant ne peut rester indépendant que s'il est adossé à une structure d'autant plus solide qu'elle lui appartient », et d’après le chef d’entreprise, cette « déclaration de guerre » ne restera pas sans lendemain : la « riposte » est « déjà prête », annonce Michel-Edouard Leclerc, sans en dire plus. Pour éviter un impact négatif, il faut corriger ce dispositif de la loi, ou retirer l’amendement.

Leclerc menace de partir en guerre contre la loi Macron.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.