Inflation, récession, stagflation. Où en est-on et quelles conséquences pour les matières premières ?

Vincentboy
Par Vincent Boy Publié le 12 mai 2022 à 14h49
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3,6%Le FMI a baissé sa prévision de croissance mondiale pour 2022 à 3,6%.

Le marché des matières premières reste très soutenu depuis plusieurs trimestres, d’abord par le rattrapage économique post crise sanitaire, puis par la guerre en Ukraine. Ces deux facteurs ont mis sous pression la production mais également les chaines d’approvisionnement, conduisant à une difficulté pour augmenter la production face à une demande en forte accélération.

Plus récemment, les investisseurs se tournent vers les risques de ralentissement économique global, voire de récession, tiré par la Chine, alors qu’encore une partie de sa population reste confinée face à la covid. Par ailleurs, la guerre en Ukraine conduit peu à peu à une réduction de l’activité dans la région.

Les perspectives économiques du FMI ou d’autres organisations internationales sont sans appel. Entre janvier et avril, la perspective de croissance mondiale est passée de 4,4% à 3,6% pour 2022 et elle décroit également pour 2023.

La Russie pourrait voir son PIB décroitre de 8,5% cette année et la Chine croitre de seulement 4,4% contre 4,8% prévu en janvier et alors que le parti chinois vise toujours 5,5% en 2022. Hors crise sanitaire, cela reste bien inférieur à la croissance observée en Chine durant les dernières années.

Dans le même temps, l’inflation reste très élevée, du fait de la demande qui reste forte pour l’instant, des problèmes liés à la guerre en Ukraine ainsi qu’aux confinements en Chine. Ces facteurs pourraient laisser l’inflation très élevée durant les prochains trimestres et devraient conduire à un resserrement monétaire plus important.

En effet, les banques centrales mondiales, notamment la Fed et la BCE, ont trainé à resserrer les conditions de financement, conduisant à un gonflement de l’inflation et elles tentent maintenant de rattraper le retard, pendant que le monde craint pour la croissance.

La Fed doit poursuivre son resserrement, tout en sachant que cela pourrait conduire à une récession dans le prochain mois. Elle cherche à réduire l’inflation par le ralentissement de la croissance et donc de la demande, mais étant donné les niveaux de l’inflation, elle va devoir agir de manière plus ferme, ce qui pourrait mener à cette récession et permettrait de fortement réduire l’inflation.

Ce qui nous amène à la notion de stagflation. C’est une situation où la croissance est molle, voire négative, combinée à une inflation importante. Cela est extrêmement négatif pour les économies mondiales et rend également difficile les interventions de banques centrales. En revanche, les matières premières pourraient continuer de profiter d’une perspective haussière.

Au-delà des facteurs globaux, le marché du pétrole et du gaz est impacté par l’embargo sur le pétrole russe et le boycott de son gaz, pendant que l’OPEP ne parvient pas à augmenter suffisamment la production. Le niveau des stocks très bas ou la baisse de l’investissement durant la crise sanitaire sont également des facteurs qui influencent le marché du pétrole.

Le cours du cuivre est fortement impacté par la baisse de la croissance, les confinements en Chine, sans oublier son marché immobilier qui reste sous haute surveillance des investisseurs.

Quant au cours de l’or (et dans une moindre mesure celui de l’argent), il est impacté par la hausse du dollar et des obligations américaines, mais il pourrait briller à nouveau en cas de récession. Le taux réel américain 10 ans est maintenant positif mais une réduction des perspectives de croissance voire de l’inflation, pourrait permettre au cours de l’or de reprendre l’ascendant.