Paquet neutre : les buralistes frappent l’État là où ça fait mal

Par Olivier Sancerre Modifié le 21 juillet 2015 à 6h49
Shutterstock 256658419
14 MILLIARDSChaque année, les buralistes perçoivent 14 milliards d'euros de taxes sur le tabac.

Les buralistes comptent bien faire plier le gouvernement qui veut leur imposer le paquet neutre. Pour protester contre cette mesure, certains d’entre eux veulent frapper les autorités là où ça fait mal : directement aux recettes de l’État.

Des dizaines de radars ont ainsi été recouverts d’affiches, les rendant inopérants. Tant mieux pour les automobilistes, mais les amendes ne risquent pas de rentrer dans les caisses de l’État. Ce mouvement pourrait faire tâche d’huile un peu partout en France alors que ce mercredi, se tiendra une manifestation des buralistes qu’ils espèrent massive à Paris. Ils sont 26 000 buralistes répartis partout dans l’hexagone. Dans la ligne de mire, le fameux paquet neutre.

Tabagisme

Celui-ci a pourtant été testé avec succès en Australie, où la mise en place de ce dispositif en décembre 2012 a fait drastiquement baisser le taux de tabagisme qui est tombé à 12,8% de la population — alors que ce taux était de 25% au milieu des années 90. Un succès, ce malgré les attaques en justice et dans la presse du lobby des distributeurs et des industriels.

Mais le paquet neutre ne suffit pas : ce dispositif doit s’accompagner d’autres mesures comme la hausse des prix, des messages d’avertissements plus grands, et une campagne d’information massive. En France, l’instauration du paquet neutre a pour ambition de réduire le tabagisme de 10% à l’horizon 2020. C’est cela qui inquiète les buralistes, qui voient le nombre de bureaux de tabac baisser d’année en année (environ 1 000 par an).

Marges

C’est pourquoi Frédéric Barbier, député PS du Doubs, préside un groupe de travail pur explorer des manières de compenser ce manque à gagner. Sur la table, un projet commence à prendre forme : le transfert d’une partie des marges des fabricants vers les distributeurs. Pas sûr que les cigarettiers soient particulièrement enthousiastes à l’idée de partager leurs profits…

Quoi qu'il en soit, les parlementaires veulent être aux petits soins pour les buralistes : rappelons qu'il y a des élections en fin d'année. Il s'agit de ménager l'un des réseaux de proximité les plus importants en France.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.