Nous sommes passés des pauvres autonomes aux pauvres aidés et pas qu’en France !

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Par Daniel Moinier Publié le 11 décembre 2020 à 14h38
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16,85%Lors de sa création, la TVA était de 16,85%

Il y a un siècle, aucune personne ne percevait des aides d’état, ni des associations. Effectivement les familles n’avaient aucune aide sociale nationale avant 1932, date de la création des allocations familiales et encore seulement pour les salariés de l’industrie et du commerce et pour enfant de moins de 5 ans. Il a fallu 86 lois et décrets pour arriver à ce que les attributaires perçoivent aujourd’hui !

Les allocations logement sont entrées en vigueur en 1948. En 1958 lors de la création de l’ASSEDIC (ASSociation pour l’Emploi Dans l’Industrie et le Commerce), fusionnée dans Pôle Emploi en 2009, il n’y avait que des chômeurs « de rotation ». Tous les jeunes trouvaient immédiatement du travail à la sortie de leurs études ! Qu’en pensent les jeunes aujourd’hui, y compris ceux ayant effectué des études supérieures ? A titre d’exemple, la fille d’une connaissance sortie major de promotion, a mis six mois pour trouver un emploi et encore pas celui qu’elle aurait vraiment souhaité. L’ANPE (Agence Nationale Pour l’Emploi) n’a été créée qu’en 1967.

A cette époque presque tous les ruraux vivaient en autarcie. Chaque famille avait son jardin mais aussi ses champs, vergers…, son cochon, lapins et sa basse-cour…Les achats en boucherie, en épicerie, voire boulangerie étaient limités. Le bricolage était monnaie courante pour réparer, fabriquer le besoin courant, WC, hangars, cabanes à lapins et poules, pour le fourrage, etc…, ce qui n’était pas ou plus possible en ville.

Jusque dans les années 70 les employeurs avaient énormément de difficultés à recruter un collaborateur. Les salariés pouvaient « aller en face » pour trouver un autre emploi mieux rémunéré. C’est une des raisons de la création de l’intérim en France en 1954 (BIS). Tous les intérimaires travaillaient sans avoir été chômeur, alors qu’actuellement c’est tout à fait l’inverse !

Depuis un siècle la population rurale a diminué au profit des villes jusqu’en 1975, ce qui a déséquilibré le marché du travail mais surtout la cohésion des territoires. Les agglomérations sont devenues des gouffres financiers en gestion et infrastructures avec des prix immobiliers démesurés. Les aides se sont multipliées tant privées que publiques, y compris pour les transports dont le prix du billet est très loin du coût réel.

En reprenant le fil de l’histoire, dans les années 1970, la « machine France » s’est enrayée suite à plusieurs causes : La fin du boom économique de l’après-guerre, les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979, puis les lois de 2002/2003 dites Mitterrand :

  • Retraite à 60 ans,

  • Cinquième semaine de congés,

  • Les 39 heures payées 40,

  • le 8 mai remis férié (supprimé par VGE).

Ce qui a entraîné deux dévaluations, une importante baisse d’activité, une forte augmentation du chômage et du nombre de pauvres surtout dans les agglomérations. Pour compenser de plus faibles rentrées, les impôts, taxes et prélèvements se sont mis à augmenter. Puis cela ne suffisant pas pour pallier au déficit de l’état et des différentes caisses, nos dirigeants ont toujours été très ingénieux pour créer de nouvelles fiscalités. Revers de la médaille, les marges des entreprises se sont restreintes. Certaines branches d’activités n’ayant pu résister, les entreprises n’ont trouvé d’autre recours que de délocaliser une partie de leur production, même totalement pour d’autres et beaucoup se sont retrouvées en faillite, d’où l’arrivée d’un chômage de masse. Qui dit chômage important, dit moins de pouvoir d’achat, plus d’aides, moins d’emplois créés, le cercle devient infernal. Chaque deux chômeurs en plus en entraînent un en plus dans les trois mois. Heureusement l’inverse est vrai à l’embauche.

En ce qui concerne la fiscalité, la TVA créée en 1954 au taux de 16,85%, est aujourd’hui à 20%. La CSG créée au taux de 1,1% en décembre 1991 par le Gouvernement de Michel Rocard est passée successivement de 2,4% en 1993, à 3,4% en 1997, à 7,5% en 1998, à 6,6% en 2005 sur les pensions de retraite, à 7,5% sur les revenus d’activité et à 8,2% sur les revenus du capital et des jeux. En 2018, elle est de 9,2% pour les revenus d’activité, 9,9% sur les revenus du patrimoine et 8,6% pour les revenus des jeux, le total CSG/CRDS passe ainsi de 15,5 à 17,2%.

NOTA : La CRDS (Contribution pour le remboursement de la Dette Sociale) a été créée en 1996 au taux de 0,5%.

Ces deux cotisations en passant de 1,1% à 17,2% représentent une augmentation de 171,6% en 27 ans, soit + 6,37 % par année ?

En 2020, l’allocation pour une personne seule s’élève à 550,93 euros par mois, 847,17 euros pour un couple sans enfant, ou 1508,28 euros net de charge pour un couple avec 3 enfants hors allocations.

Du côté privé, c’est la création d’Emmaüs par l’Abbé Pierre (Henri Grouès) en 1954, puis des Resto du Cœur par Coluche en 1985, deux associations caritatives très connues parmi toutes celles qui existent.

Pour compléter, une aide sociale très importante a été créée : le minimum vieillesse ou la retraite minimum (ASPA) qui se monte en 2020 à 10.838,40 euros/an soit 903,20 euros/mois pour une personne et 1402,22 pour un couple (sous certaines conditions de revenu global). Aucune personne en retraite ne peut percevoir moins que ce minimum.

On peut ajouter une aide importante créée en 2000, la CMU (Couverture Universelle Maladie) remplacée en 2016 par la PUM (Protection Universelle Maladie) complétée par la CSS (Complémentaire Santé Solidaire) qui permet aux 7,8 millions des plus démunis sous conditions de ressource, de ne payer aucun soin. Coût total : 2,3 milliards d’euros soit 3508 euros par personne et par année.

Une autre aide créée la même année vient de dépasser le milliard d’euros, (soit 2817 euros par personne et par an) c’est l’AME (Aide Médicale d’Etat). Aide aux étrangers en situation irrégulière qui permet de bénéficier d’un accès gratuit aux soins.

En 2019 le total des aides publiques s’est élevé à 762 milliards d’euros hors coûts de fonctionnement. Ce qui représente 32 % du PIB 2019 et 55,6 % des dépenses publiques globales.

La France détient ainsi deux records du monde : Celui de la fiscalité la plus élevée et le taux le plus important d’aides sociales en proportion du nombre d’habitants ! Tristes records !

Analyse d’hier et d’aujourd’hui

En 1945, période d’après-guerre mondiale, le temps de travail était largement au-dessus de 40 heures, la retraite à 65 ans, il n’existait pas ou très peu d’aides, il n’y avait pas de déficit ou peu, pas de chômage, peu de mouvements de contestation, hors mai 68.

Actuellement, le temps travaillé n’a jamais été aussi faible, le chômage est encore à un niveau très élevé, la dette a largement dépassé le niveau du PIB, les prélèvements ont atteint des sommets, les aides tant publiques que privées n’ont jamais été si importantes. En France, le conflit appelle le conflit, il fait partie de la culture nationale. Les grèves, manifestations sont devenues habituelles, presque tous les mois voire toutes les semaines avec des violences hors du commun, gilets jaunes, black blocks... Les réseaux sociaux sont devenus aussi des vecteurs habituels de contestations et de défoulements extrêmes, voire plus.

Beau spectacle et apprentissage pour la jeunesse, c’est plus facile que le français et les maths où nous nous plaçons dans les derniers du monde et premier en manifs et cases. Vu de l’étranger notre image est devenue désastreuse ! Ah ces Français !!!

www.danielmoinier.fr

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Daniel Moinier a travaillé 11 années chez Pechiney International, 16 années en recrutement chez BIS en France et Belgique, puis 28 ans comme chasseur de têtes, dont 17 années à son compte, au sein de son Cabinet D.M.C.Il est aussi l'auteur de six ouvrages, dont "En finir avec ce chômage", "La Crise, une Chance pour la Croissance et le Pouvoir d'achat", "L'Europe et surtout la France, malades de leurs "Vieux"". Et le dernier “Pourquoi la France est en déficit depuis 1975, Analyse-Solutions” chez Edilivre.