Plus le diplôme est élevé, plus l’espérance de vie l’est aussi

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Par Laure De Charette Publié le 18 février 2016 à 21h20

Saviez-vous que plus vous êtes diplômé, plus vous avez de chances de vivre longtemps ? Telle est du moins l’une des conclusions d’une étude publiée par l'Insee jeudi 18 février.

Merci les diplômes !

À 35 ans, un diplômé du supérieur peut espérer vivre 1,8 an de plus qu'un bachelier, 3,5 ans de plus que le détenteur d'un CAP ou d'un BEP et 7,5 ans de plus qu'un non-diplômé.

Reste que l’inégalité entre les sexes face à l’espérance de vie est telle qu’une femme qui n'a pas du tout fait d'études dispose d'une espérance de vie égale à celle d'un homme diplômé du supérieur.

Par ailleurs, un cadre vit en moyenne 6,4 ans de plus qu’un ouvrier. Pourquoi ? Car les cadres adoptent "des modes de vie favorables à une bonne santé" (accès aux soins, moindre fréquence de l'obésité), d’après l’Insee, tandis que les ouvriers sont davantage soumis aux risques professionnels (accidents, produits toxiques, etc.).

Sexes contre classes sociales

Mais là encore, l'inégalité entre les sexes reste plus forte que celle entre les classes. Ainsi les hommes cadres ont une espérance de vie à 35 ans plus courte que celle des ouvrières.

Comment l'expliquer ? "Les ouvrières consomment moins d'alcool que les hommes cadres à tout âge" analyse l’Insee. Elles bénéficient aussi "d'un meilleur suivi médical» et «leur durée de travail est plus faible".

L’espérance de vie à la naissance atteint 79 ans pour les hommes et 85,1 ans pour les femmes en 2015 en France métropolitaine. L'an dernier, cet indicateur a baissé de trois mois et demi pour les hommes comme pour les femmes.

Cette diminution est une première en France depuis 1969, même si l'espérance de vie des femmes avait déjà diminué en 2002 et 2012. Elle résulte notamment de l'impact des épidémies de grippe. Au cours des 60 dernières années, hommes et femmes ont gagné 14 ans de vie en moyenne.

D’après le Centre d’observation de la société, de très nombreux facteurs contribuent à l'allongement de la vie. Les conditions de vie s'améliorent, le travail est moins pénible physiquement et la durée du travail baisse. Les individus sont de plus en plus attentifs à leur santé et à leur corps en particulier (hygiène, alimentation, etc.). L'accès aux soins progresse. La qualité des soins et l'innovation en matière de santé joue, mais de façon moindre.

Dans les années plus récentes, les progrès qui ont le plus accru l’espérance de vie ont surtout été réalisés aux âges élevés, autour de 80 ans pour les femmes et 70 ans pour les hommes, principalement à travers une amélioration du traitement des tumeurs et des maladies de l’appareil respiratoire.

Reste à savoir jusqu'où peuvent aller les progrès en matière de durée de vie et si les facteurs structurels de l'allongement de la vie (comme la baisse du temps de travail et de sa pénibilité) vont se maintenir.

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.