La Poste doit maigrir, dixit la Cour des Comptes

Par Olivier Sancerre Modifié le 11 mai 2016 à 2h27
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17000La Poste a obligation de maintenir 17 000 points de contacts sur le territoire.

La Poste est prise entre le marteau et l’enclume. D’un côté, on lui demande d’assurer des missions de service public, de l’autre, on lui intime l’ordre d’être rentable. Difficile de concilier ces deux obligations… La Cour des Comptes estime que l’entreprise n’en fait pas suffisamment pour restructurer son réseau.

L’activité des guichets est en baisse continue, relève les sages de la rue Cambon, qui égrène le chapelet des reculs dans tous les domaines d’activité de La Poste : entre 2009 et 2014, les opérations « colis » ont baissé de 16%, celles liées à la gestion du courrier de 21%, les autres activités de 40%… Et même les opérations bancaires sont en net recul, de 31%. Et cela ne va pas aller en s’arrangeant : le volume du courrier ne cesse de chuter et les services en ligne remplacent pratiquement toutes les activités traditionnelles du groupe.

Les charges baissent, mais pas suffisamment

La Poste n’est toutefois pas restée inactive : les charges opérationnelles du réseau ont baissé également, mais « dans une proportion moindre », pointe la Cour. Sur la même période, ces charges ont connu un recul de 8,9%. « La productivité des agents au guichet s'est dégradée », déplore les sages, qui rappellent par ailleurs que les charges sont toujours très élevées (4,2 milliards d’euros).

Que faire alors ? La Cour préconise d’amplifier le mouvement de restructuration. Les zones rurales, mais également les zones urbaines doivent se serrer la ceinture et accepter une sorte de « déclassement » de leurs guichets de poste. Dans les villes, l’activité quotidienne dans un millier de bureaux est de moins de trois heures — 173 affichent même une heure d’activité chaque jour.

Des points de contacts vécus comme des déclassements

L’objectif est de transformer ces bureaux en « points de contact », agences communales dans les bureaux des mairie, ou encore Relais Poste chez les commerçants. Sur les 17 075 points de contacts répartis sur le territoire français, 9 574 sont des bureaux de poste « classiques ». Le reste sont des Relais Poste ou des agences communales, mais les villages vivent mal ce passage d’une agence à plein temps à un bureau qui apporte moins d’activité.

La Cour des Comptes propose également de revoir les horaires d’ouverture étendus en zone urbaine. Le but est d’éviter « des coûts opérationnels devenus inutiles ». Ces remarques et ces propositions ne vont sans doute guère plaire aux dirigeants de La Poste, mais aussi à ses usagers.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.